Publié le 3 Déc 2020

Un silence qui en dit long : Valéry Giscard d’Estaing a mis 5 jours à réagir officiellement à l’attentat de la synagogue Copernic

C’est un terrible attentat antijuif qui reste gravé dans la mémoire de la communauté juive française, d’autant plus qu’il reste impuni jusqu’à ce jour, tout comme celui de la rue des Rosiers.

Nous avons besoin de votre aide, de vos dons, aussi modestes soient-ils. Aidez nous : CLIQUEZ ICI

Le 3 octobre 1980, une bombe explose devant la synagogue parisienne de la rue Copernic, entraînant le décès de quatre personnes et en blessant quarante-six autres.

Pourtant rapidement informé de l’attaque par son secrétaire général adjoint à l’Élysée, Jacques-Henri Wahl, de confession juive et profondément marqué dans sa famille par la Shoah, Valéry Giscard d’Estaing va mettre cinq longs jours avant de s’exprimer sur l’attentat.

« J’ai informé le président par téléphone de cet odieux événement peu après 19 heures le 3 octobre 1980 avec tous les éléments dont je disposais; seul le nombre de victimes et son détail étaient encore inconnus « , a-t-il expliqué dans le livre « Dans l’ombre des présidents – Au coeur du pouvoir : les secrétaires généraux de l’Élysée » de César Armand et Romain Bongibault (Éditions Fayard, mars 2016).

« Je lui ai conseillé avec une très grande insistance de revenir immédiatement sur Paris [le président était parti en weekend] et de s’adresser aux Français par la télévision pour affirmer que cet attentat contre des juifs était un attentat contre la France elle-même et ses valeurs, qu’il ne resterait pas impuni », a-t-il insisté.

« Le Président a souhaité prendre du recul et ne pas réagir immédiatement dans l’émotion ; un temps de réflexion lui a paru nécessaire. J’ai compris cette décision, mais j’en ai été très malheureux : ma sensibilité personnelle ne lui avait été d’aucune aide », a-t-il déploré.

Le 8 octobre, Valéry Giscard d’Estaing s’exprima à la nation sur l’attentat sans évoquer la piste du terrorisme palestinien, préférant évoquer la piste nazie, « l’oeuvre de petits groupes retranchés de la communauté nationale ».

Le 3 octobre, le soir de l’attentat, son Premier ministre Raymond Barre se livra à une sortie considérée jusqu’à ce jour comme antisémite, lorsqu’il dénonça un attentat « odieux » « qui voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents » qui traversaient la rue Copernic.

La cour d’appel de Paris doit se prononcer le 27 janvier 2021 sur la validité du non-lieu accordé à l’unique suspect de l’attentat de 1980 devant la synagogue de la rue Copernic, pour lequel les victimes demandent un procès aux assises.

Le parquet général a maintenu ses réquisitions en faveur d’un renvoi aux assises d’Hassan Diab, un Palestinien de 66 ans, ayant également la double nationalité canado-libanaise.

A l’issue du non-lieu rendu début 2018, ce dernier, qui clame son innocence, avait été libéré après trois ans de détention et était reparti au Canada qui avait accepté son extradition fin 2014.

Le 12 janvier 2018, les juges d’instruction antiterroristes avaient rendu un non-lieu, jugeant « pas suffisamment probantes » les charges retenues contre M. Diab.

Rédaction Le Monde Juif .info | Photo : DR

————— IMPORTANT —————

Notre site rencontre d’importants problèmes techniques. Nos infos sont gratuites mais il y a un travail derrière et des charges. Nous avons besoin de votre aide, de vos dons, aussi modestes soient-ils. Aidez nous : CLIQUEZ ICI

Recherche

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer