Publié le 21 Avr 2020

Poème en l’honneur des héros du soulèvement du ghetto de Varsovie

Un poème en commémoration du soulèvement du ghetto de Varsovie, haut lieu de la lutte contre la Shoah, et en l’honneur de ses héros dont Zivia Lubetkin.

Le soulèvement commence par de petites actions le 18 janvier 1943 et s’intensifie réellement le 19 avril, veille de Pessah, avec six à sept cent combattants. La résistance est quasiment liquidée le 16 mai et la grande synagogue de Varsovie est symboliquement détruite par les Nazis.

Zivia décède le 11 juillet 1978 dans son kibboutz Lohamei Hagheta’ot, entre Akko et Nahariya, il y existe une “maison des combattants du ghetto”.

 

En ce temps-là, une nuit noire éclairait le monde.

Dans le ghetto des ombres faméliques

Nourries de la faim seule et de la peur,

Fourmillent, perdant la raison,

Grouillent, images d’insectes,

Images des premières créatures vivantes

Peuplant le monde avant qu’il ait un sens.

Voilà le monde plongé dans

L’indifférence, dans le crime.

La mâchoire mécanique serrant l’Europe

Veut broyer, nous rendre à la poussière.

Les ténèbres noires

Venaient  incendier,

De partout en Pologne et au-delà.

De partout d’un monde indifférent

Les miens arrivaient

Abandonnés de tous

Déchargés, jetés comme des bêtes

Dans un enclos aux limites armées.

L’obscurité profonde

Nous ôtait du monde

 

De ce temps-là, des ténèbres triomphantes.

 

La lame du déni s’enfonce profondément dans nos âmes.

Les bourreaux, des hommes ordinaires aimant leurs familles,

Aimant leurs animaux, caressent affectueusement leurs chiens

Puis tirent sans remords, sans l’ombre d’un regret dans le regard

Sur nos enfants hallucinés et nos vieillards trop las de cette histoire.

Les enfants du Livre, haves, la peau parcheminée par la faim et la peur,

Rassemblent leurs forces ultimes pour inventer à chaque instant une survie.

Les vieillards, de plus en plus jeunes, se brisent comme le verre, le Temple perdu.

Les grands tyrans haïssent la parole de liberté,

Nabuchodonosor puis Vespasien et Titus

Voulurent gommer notre géographie,

Hadrien s’en prit à l’Histoire,

Hitler, le nom maudit,

Veut nous anéantir

De l’humanité,

Du génome

Humain,

Fin

 

Le monstre nous fit survivre les uns sur les autres, morts et vivants confondus,

Sans frontière entre la vie et la mort avec pour seules limites les murs du ghetto.

 

Nous n’étions plus même les taureaux de l’inquisition sous la lame du picador.

Si on nous maltraite et on nous tue dans les rues, quel futur  dans les camps?

 

Notre cuir est dur, nous avons toujours survécu, nous voici face au défi ultime.

Si l’espoir est insensé, l’espoir est possible dans la renaissance de notre terre.

 

Nous avions vingt ans parmi des milliers et nous savions la victoire est l’amour!

 

Il

Nous

Haïssait

Au-delà de

L’imaginable

Le fou brûlant.

Nous, nous étions

Encore des enfants,

En capacité d’imaginer

L’incroyable folie de mort

Le meurtre de l’espérance.

Rats nous vivions sous terre,

Préparant sous le sol le combat

Contre tout avis, contre toute raison,

Le combat de vie mène toujours au ciel.

Fous, ceux qui disent qu’on ne savait pas.

Des milliers meurent de la faim et des armes,

Meurent du typhus et plus encore, de désespoir.

Rage au cœur, ventre douloureux empli de la peur

Qui tord les viscères malgré la certitude de la mission

Nous émergeons inopinés et tirons de nos trois armes

A la stupeur des nôtres et à la stupeur de nos ennemis.

Le calme relatif fut de courte durée, l’ogre demande des

Victimes encore, il n’y a plus d’illusions, pour le président

De notre communauté, aucun autre choix que le suicide,

L’exhortation à la défense, le refus à la quête frénétique

D’un chiffon de papier pour un sursis douteux à la mort.

Pour nous, sagesse et force de la jeunesse, les doutes

Et l’espoir sont partis pour Treblinka, nous le savons.

Nous nous rassemblons et nous levons anonymes !

On se souviendra des héros de la vie dans l’enfer !

Nos alliés objectifs, avec leur haine immémoriale,

Du bout des doigts nous font l’aumône d’armes.

Nous devons faire l’effroyable vide des nôtres

Qui trahissent par peur, par faim ou cupidité.

De nos souterrains et des égouts où flottent

Avec les immondices les corps pouilleux

De nos frères abandonnés du monde

Nous surgissons, face aux nazis,

Lettons, ukrainiens et polonais.

Morts, ils seront notre arsenal.

Dans nos rues et nos trous

Nous tiendrons devant les

Hommes et les canons,

Les chars, les avions

Plus longtemps que

Bien des nations !

Qu’importe alors nos noms !

Le ghetto en feu est flamme,

Le brasier brûle la nuit, la liberté triomphe

Du général, élégant esthète de la mort érigée en art,

Qu’avait délégué pour nous faire disparaître, la négation de l’humanité.

Des hommes et des femmes ont montré que l’espoir et l’amour peuvent vaincre l’obscurité.

 

Richard Rossin.

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