Publié le 18 Fév 2019

Michel Jonasz sur l’antisémitisme : « Heureusement que ma mère n’est plus là pour voir ça »

Le musicien Michel Jonasz a réagi dimanche à la multiplication des actes antisémites commis ces derniers temps en France.

« Vous savez à quoi je pensais ces derniers temps ? Heureusement que ma mère n’est plus là pour voir ça. Ma mère, partie de Hongrie pour arriver en France, a eu ses parents et quatre de ses frères qui sont partis en fumée par les cheminées d’Auschwitz », a-t-il dit, du magazine ’20h30 le dimanche’ diffusé sur France 2.

« Je me dis : heureusement qu’elle n’est pas là pour voir les croix gammées sur le portrait de Simone Veil, pour voir marqué « Juden » sur la vitrine d’un commerçant juif. Sarah Halimi et Mireille Knoll assassinées parce que juives, la mémoire souillée d’Ilan Halimi, et tant d’autres actes antisémites, encore hier… [l’agression dont a été victime le philosophe Alain Finkielkraut, samedi 16 février 2019, à Paris, en marge d’une manifestation de « gilets jaunes »]. Elle me dirait : ‘Michel, je ne comprends pas, ça existe encore ?’ Eh bien oui… », a-t-il poursuivi.




« J’ai bien conscience qu’on ne peut pas comparer l’antisémitisme d’aujourd’hui avec celui que l’on évoque dans la pièce [Michel Jonasz est sur scène dans Le Cas Eduard Einstein à la Comédie des Champs-Elysées, à Paris]. Non, ce serait indécent de comparer cet antisémitisme d’aujourd’hui avec celui du parti nazi, d’Auschwitz, de la Shoah, des six millions de juifs exterminés. Ce serait complètement indécent », a ajouté le musicien.

« Celui qui ne dit rien est aussi fautif que celui qui commet l’acte, peut-être même plus. Ces signes-là doivent faire de nous des vrais combattants parce que c’est dangereux… Notre révolte doit s’incarner en actes. L’indignation ne suffit plus. Il y a deux axes : la justice qui doit être à la hauteur du défi, être plus sévère, et surtout la base : l’éducation. Quand j’étais môme à Drancy, d’où sont partis deux de mes oncles, la journée commençait avec la leçon de morale à la communale. Elle tournait autour du respect du voisin, quels que soient sa religion, sa couleur de peau, son milieu social… Je m’adresse aux parents : c’est votre rôle de transmettre ce message-là à vos mômes, ce sentiment qu’on appartient à une famille humaine. Sinon, vous ratez votre rôle, vous n’êtes pas de bons parents. Et l’Education nationale doit faire des leçons d’histoire pour éviter le révisionnisme. », a-t-il conclu.

Éric Hazan – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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