Publié le 3 Juil 2018

Et ça donne des leçons de morale à Israël : la France a « participé à la sanglante répression » du régime de Sissi, accusent des ONG

Quatre associations de défense des droits de l’homme ont dénoncé lundi le rôle de la France ces dernières années dans « l’écrasement du peuple égyptien » par le régime d’Abdel Fattah Al-Sissi.

« L’État et plusieurs entreprises françaises ont participé à la sanglante répression égyptienne des cinq dernières années, en fournissant au régime d’Abdel Fattah al-Sissi du matériel militaire et de surveillance. Dotant les services de sécurité et de répression égyptiens de puissants outils numériques, elles ont participé à la mise en place d’une architecture de surveillance et de contrôle orwellienne, utilisée pour briser toute velléité de dissidence et de mobilisation. Face à ce nouveau scandale touchant les exportations d’armement et de « biens à double usage » français, nos organisations demandent la mise en place d’une enquête parlementaire et l’arrêt immédiat de ces exportations », dénoncent dans un communiqué la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), l’Institut du Caire pour l’Etude des Droits de l’Homme (CIHRS), la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et L’Observatoire des Armements (OBSARM).

« Alors que le Conseil Européen annonçait la cessation des exportations de matériel militaire et de surveillance pour condamner la dérive dictatoriale en Égypte, la France gagnait des parts de marché et réalisait des exportations records ! », fait remarquer Dimitris Christopoulos, Président de la FIDH.

Selon les cosignataires, les livraisons d’armes françaises vers l’Égypte sont passées de 39,6 millions d’euros en 2010 à 1,3 milliards d’euros en 2016.

« Les autorités françaises doivent non seulement mettre en place une enquête parlementaire sur les livraisons d’armes à l’Égypte depuis 2013, mais s’atteler aussi à une totale refonte du système français de contrôle des exportations d’armes et de matériel de surveillance. Caractérisé par son opacité et sa trop grande dépendance au pouvoir exécutif, c’est ce système lacunaire qui permet aujourd’hui la livraison de matériel contribuant à de graves violations des droits humains en Égypte », exhortent les cosignataires.

« Depuis le coup d’état militaire de juillet 2013 orchestré par Abdel Fattah Al Sissi, l’Égypte est en proie à une répression implacable. Le bilan est accablant pour ses services sécuritaires : dispersions de manifestations avec des moyens militaires (plus de 1 000 morts pour la seule dispersion du sit-in de Rabaa Al Adawiya, le 14 août 2013 au Caire) ; incarcération d’au moins 60 000 prisonniers politiques depuis 2013 ; milliers d’exécutions extra-judiciaires et disparitions forcées (entre juillet 2013 et juin 2016, 2 811 cas de disparition forcées aux mains des services de sécurité 1) ; recours systématique à la torture ; augmentation des condamnations à mort », rappellent les cosignataires.

Depuis le 30 mars, date du lancement des émeutes terroristes du Hamas à la frontière entre Israël et la Bande de Gaza, la France a à plusieurs reprises dénoncé la prétendue répression meurtrière contre les « manifestants pacifistes » gazaouis, appartenant quasiment tous à des groupes terroristes.

Éric Hazan – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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