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Publié le 26 Oct 2017

Colère du député François Pupponi condamné injustement pour diffamation : “Jamais je n’accepterai que dans mon pays on puisse impunément crier mort aux juifs”

Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu mercredi le député et ancien maire (PS) de Sarcelles, François Pupponi, “coupable de diffamation publique envers un particulier commis les 7, 21 et 22 juillet 2015”.

“La sentence est donc tombée. Je viens d’être condamné par le Tribunal correctionnel de Paris pour avoir diffamé M. Nabil Koskossi. Ce dernier est le responsable du collectif qui a voulu organiser le 20 juillet 2014 une manifestation pro-palestinienne à Sarcelles, manifestation qui a été interdite par la Préfecture du Val-d’Oise. Confronté à cette interdiction, M. Nabil Koskossi se faisant le porte-parole du collectif a invité les personnes qui le souhaitaient à se regrouper non loin de la gare de Garges-Sarcelles afin d’obtenir des informations sur la situation, regroupement qui s’est terminé par les cris de “mort aux juifs”, “on va vous brûler”, par une tentative d’incendie de la synagogue de Sarcelles et par la destruction de commerces exploités par des membres de la communauté juive (et un commerce exploité par un membre de la communauté assyro-chaldéenne”, a expliqué l’élu dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

“Depuis cette triste journée de juillet 2014, je n’ai de cesse de dénoncer ces faits et d’essayer d’obtenir la condamnation de leurs auteurs pour qu’ils puissent rendre des comptes. Dans un premier temps, le Parquet de Pontoise a classé sans suite la plainte de la ville de Sarcelles, aux motifs que celle-ci n’avait aucun intérêt à agir ! Une plainte avec constitution de partie civile a fait l’objet d’un non-lieu, qui vient d’entraîner un pourvoi en cassation. M. Koskossi, se considérant diffamé par mes déclarations, a porté l’affaire devant le Tribunal et il vient d’avoir gain de cause. Bien entendu, je fais appel de cette décision. M. Koskossi vient de déclarer qu’il était heureux de cette décision, je le comprends et il a raison. Quant à moi, je suis malheureux pour mon pays, malheureux et en colère”, a-t-il poursuivi.

“Je prends acte de ces deux décisions de justice que je conteste, au demeurant, dans le cadre des voies légales qui restent ouvertes. Mais je vais continuer en silence à me battre contre tous les réseaux qui, avec méthode, sapent les valeurs de la République dans nos quartiers. Jamais je n’accepterai que dans mon pays, celui des Droits de l’Homme, mais aussi celui de la Rafle du Vel’ d’Hiv, on puisse impunément crier “mort aux juifs”, que l’on puisse essayer de brûler une synagogue, et que l’on brûle un commerce car celui qui l’exploite est juif. Ma pensée à cet instant va à deux femmes, Eva Sandler, qui a perdu à Toulouse son mari et ses deux enfants et Yaël Cohen, à qui je suis allé un soir annoncer que son fils Johan avait été tué à l’hyper-casher de la porte de Vincennes. Ces deux femmes sont devenues des amies. Pour moi l’antisémitisme, ce sont des visages. Le visage des victimes, de leurs proches, mais aussi les visages des assassins, et de ceux qui attisent la haine. Eva Sandler et Yaël Cohen ont toutes les deux quitté la France car elles considéraient que leur pays n’avait pas su protéger leurs enfants et pour Eva, son mari. Qu’ils avaient été tués en France parce que juifs. Toutes les deux sont parties vivre en Israël car elles ne croyaient plus à notre pays et je les comprends. Quant à moi j’y crois toujours. Mais un peu moins chaque jour et encore moins aujourd’hui. Vive la République et Vive la France !”, a conclu le député.

Éric Hazan – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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