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Publié le 9 Juil 2017

Marc Chagall : il y a 130 ans naissait un géant de l’art moderne

EN IMAGES – Le peintre qui a connu la révolution russe, la guerre et l’exil. Mais aussi la gloire. Ce créateur complet arborant toutes les formes d’art, de la lithographie à la céramique, est mort le 28 mars 1985. Retour sur la vie et l’œuvre d’un artiste majeur.

Il aurait eu 130 ans aujourd’hui. Marc Chagall, disparu en 1985 à l’âge de 97 ans, a vu le jour le 7 juillet 1887 en Biélorussie, dans la petite ville de Vitebesk. Jusqu’au 28 août, le Musée national Marc Chagall de Nice présente une facette plutôt méconnue de l’artiste, à travers l’exposition «Chagall sculptures», avec une soixantaine d’œuvres, pour la plupart issues de collections privées. De lui, on connaît surtout les dessins, les peintures.

Un goût pour l’art infusé dès l’enfance. En 1906, le garçon né dans une famille juive traditionnelle, étudie les arts dans sa région de lacs et de forêts à perte de vue, puis à l’école des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, où il tente d’être peintre d’enseignes. Admis à l’école d’art privée de Zvantseva, où il suit les cours de Léon Bakst, artiste russe le plus célèbre du monde à l’époque, et de Mstislav Doboujinski, il ne cesse de se perfectionner. Sa passion le mène jusqu’à Paris en 1910. Marc Chagall s’installe alors à La Ruche, havre artistique aux dizaines d’ateliers, et passe son temps dans les musées et les salons.

Picasso, Braque, Léger, Modigliani, Cendrars ou encore, Max Jacob… Les peintres d’avant-garde sont l’univers du jeune artiste. En 1916, sa formation prend fin. Un an plus tôt, Chagall épousait Bella Rosenfeld, qu’il avait rencontrée en 1909.

Retour au pays natal

Alors qu’il est de retour en Russie, la révolution éclate en 1817. Participant à diverses expositions, il est considéré comme l’un des artistes majeurs de sa génération. Alors qu’on lui propose le département des Beaux-Arts du futur ministère des Affaires Culturelles, Chagall choisit de vivre à nouveau dans sa ville natale, où il crée une école populaire d’arts. En 1919, il participe à la première exposition d’Art révolutionnaire à Petrograd. Après une violente dispute avec Malévitch et Lissitzky, il quitte définitivement Vitebesk et emménage à Moscou. Tout particulièrement intéressé par le théâtre, il exécute des travaux pour le Théâtre juif.

C’est alors qu’il se rend à Berlin pour exposer ses tableaux. En 1923, l finit ruiné à Paris. L’époque est aux surréalistes qu’il refuse de rejoindre, refusant le risque de se cantonner à un style, une catégorie. Soutenu par le marchant Ambroise Vollard, il illustre Les Âmes mortes de Gogol. Un travail auquel il se consacre tout entier pendant deux ans.

L’exil aux Etats-Unis 

Alors que le régime nazi retire ses toiles des musées allemands, le peintre reçoit la nationalité française en 1938. La menace sur les juifs le pousse à fuir, avec sa famille, aux Etats-Unis en 1941. L’année suivante, Bella meurt brutalement. Une rétrospective de ses œuvres est organisée au Museum of Modern Art à New York puis à l’Art Institute de Chicago.

C’est en 1948, alors qu’il est âgé de 60 ans, que Chagall revient en France et s’installe à Orgeval. La même année, le grand maître de l’art graphique reçoit le Prix de gravure à la Biennale de Venise. Deux ans plus tard, il s’installe à Vence, dans le sud de la France, où il rencontre régulièrement Picasso et Matisse. La période de 1956 à 1965 sera celle d’une intense production artistique.

Il voyage en Grèce pour illustrer Daphnis et Chloé à l’Opéra de Paris, pratique la lithographie, la céramique, la sculpture et travaille à la décoration de l’église d’Assy. À l’autre bout de l’océan Atlantique, personne n’a oublié le talent de Chagall tandis qu’il est chargé des décors pour La Flûte enchantée, à New York.

Le plafond de l’Opéra Garnier

Entre 1963 et 1964, l’immense artiste décore le plafond de l’Opéra Garnier de Paris, sur demande d’André Malraux. Une telle commande fit scandale. Une véritable querelle des anciens et des modernes, tandis que les premiers ne sauraient accepter qu’une œuvre contemporaine soit introduite dans un monument Second Empire.

Chagall réenchante le foyer du théâtre de Francfort avec sa toile monumentale Commedia dell’ Arte. Il réalise également des vitraux pour les cathédrales de Reims et Metz ainsi que des mosaïques pour le Parlement de Jérusalem.

De 1966 à 1985, Chagall emménage définitivement à Saint-Paul de Vence. Des expositions rétrospectives sur son œuvre sont organisées partout dans le monde, notamment à Zürich et à Cologne en 1967, pour fêter son 80e anniversaire. En 1969 a lieu la pose de la première pierre du Musée national du Message Biblique Marc Chagall à Nice. La même année, l’artiste voyage à Jérusalem pour l’inauguration du nouveau parlement avec une mosaïque murale, Le mur des lamentations.

Cela faisait cinquante ans qu’il n’avait pas vu sa famille. En 1973, Chagall revient à Moscou et retrouve deux de ses sœurs. Après plusieurs grandes toiles comme Le retour de l’enfant prodigue, des gouaches et gravures, Chagall est célébré partout dans le monde et reçoit la Grande croix de la Légion d’Honneur en 1977. Il s’éteint le 28 mars 1985, à Saint-Paul de Vence, presque centenaire. L’année dernière, pour le trentième anniversaire de sa mort, la Piscine, à Roubaix, présentait 200 œuvres explorant la musicalité de l’artiste. Tandis que Tourcoing, Cannes et Les Baux-de-Provence célébraient aussi le peintre gentiment surréaliste.

►►► Le Figaro | Photo : DR

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