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Publié le 27 Juin 2017

La réponse cinglante de Valls à la Secrétaire d’Etat Schiappa : “L’antisémitisme est le moteur idéologique du terrorisme”

L’ancien Premier ministre Manuel Valls a accusé mardi la Secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, de nier l’état de l’antisémitisme dans les banlieues.

“Tant que la gauche n’aura pas trouvé sa propre réponse, différente de celle de la violence du FN dont le seul angle est l’exclusion des musulmans, elle laisse un espace à l’extrême droite, ou à La France insoumise, qui se compromet avec l’islam politique voire avec les islamistes. On tourne autour de ces questions-là depuis vingt ans. J’ai été ciblé aux législatives parce que j’avais porté ce combat. J’étais républicain, j’étais laïc, j’avais dit qu’un nouvel antisémitisme était né dans nos quartiers, et en plus j’avais le poids du bilan”, a déclaré le député de l’Essonne dans un entretien accordé à Libération.

“La nouvelle secrétaire d’Etat, pour l’Egalité hommes-femmes, prétend qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans nos quartiers. Il y en a un, c’est le moteur idéologique du terrorisme. Je l’ai dit, et c’est comme ça qu’une partie de mon image est passée de l’autorité à l’autoritarisme, bref… c’est la vie… Mais je ne voulais pas laisser le territoire à ces gens-là. C’est pourquoi j’ai été candidat. En me faisant tomber, ils auraient remporté une énorme victoire”, a-t-il ajouté.

En 2014, lors de l’opération antiterroriste israélienne à Gaza, Marlène Schiappa avait fustigé les propos du Premier ministre Manuel Valls sur l’antisémitisme et l’antisionisme.

“Vous avez déclaré constater-la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires- dont vous affirmez qu’ils seraient antisémites”, avait-elle écrite dans une tribune intitulée “Non, cher Manuel Valls, les quartiers populaires ne sont pas antisémites”.

“Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires”, avait-elle ajouté.

Le Premier ministre s’exprimait à l’occasion d’une cérémonie commémorant le soixante-douzième anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, durant laquelle 76.000 Juifs dont 11.000 enfants ont été déportés.

“À l’antisémitisme historique (…) s’ajoute un antisémitisme d’une forme nouvelle qu’il est hors de question de nier ou de cacher (…) il se répand sur internet (…) il se répand aussi dans nos quartiers populaires auprès d’une jeunesse souvent sans repère, sans conscience de l’Histoire et qui cache sa haine du Juif derrière un antisionisme de façade et derrière la haine de l’Etat d’Israël”, avait déclaré Manuel Valls.

Éric Hazan – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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