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Publié le 10 Mar 2017

Pourim : votre plumage se rapporte à votre ramage

pourim

La lecture des contes de fée dans laquelle, enfante, je me plongeais avec ravissement, a laissé des traces indélébiles dans ma mémoire, telle Cendrillon, une petite du foyer d’accueil de Sainte Marie de Louvière invitée à la boum du fils du maire de la ville. Elle crève d’envie de s’y rendre mais, elle n’a pas les moyens de s’acheter les dernières Reebok à la mode, pas de chance, la soirée organisée a pour thème : “trouver chaussure à son pied”, ou Peau d’âne qui demande à son père, une et mille robes improbables pour échapper à… l’inceste.

Tout est affaire de look !

De l’importance du vêtement dans la tradition juive

Toute la Bible est ainsi tissée… d’histoires qui racontent l’importance du vêtement.

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“L’eternel-D.ieu fit pour l’homme et pour sa femme des tuniques de peau, et les en vêtit.” (Genèse 3-21).

Le premier vêtement créé l’a été par Dieu lui-même, on comprend mieux maintenant pourquoi tant de Juifs furent tailleurs…Bref ceci n’est pas mon propos, juste une petite réflexion sourire. Cette création intervient au moment même où l’homme est déchu du « Gan Eden », révélant ainsi que le vêtement est un changement de condition sociale- de l’homme oisif qui devait jouir des richesses du Gan Eden, à celui qui doit désormais travailler à la sueur de son front pour se nourrir- et, d’état spirituel,- de l’homme sans libre abrite, à l’homme de la connaissance, celui qui a la choix entre le bien et le mal. .

La fameuse tunique rayée d’Esav qui dote d’une force particulière celui qui la porte, usurpée par Yaacov pour recevoir la bénédiction de son père. Reçue en héritage, Yosseph, en sera dépouillé par ses frères, juste avant qu’ils ne décident de le vendre.

Le tzitzit que tout homme juif doit mettre sous ses vêtements, loi également ordonnée par Dieu, rappel des lois religieuses, il en devient la mémoire.

Il représente aussi le changement de statut social de l’homme juif, esclave en Egypte à l’homme libre, vivant sur la terre de ces ancêtres, responsable de son propre destin.

“Afin que vous vous rappeliez tous les commandements de Dieu, et les réalisiez, et que vous ne suiviez pas les désirs de vos cœurs et de vos yeux pour vous laisser entraîner à l’infidélité. …Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous a fait sortir du pays d’Égypte, pour être votre Dieu. Je suis l’Éternel, votre Dieu” (Nombres 15:39-41).

Le vêtement fait donc l’homme asservi ou libre et même le prêtre !

Une loi ordonnée par Dieu pour l’habit du Cohen Agadol (le Grand Prêtre) pour son service dans le Temple à Jérusalem est d’une précision extrême aussi bien dans les matières qui doivent être utilisées, que dans les différentes formes des tuniques et du pantalon ainsi que l’ordre dans lequel ils doivent être mis. “Le Ramban écrit que les vêtements des Cohanim, (prêtres) d’une splendeur royale, étaient principalement destinés à distinguer le Grand Prêtre aux yeux du peuple et à l’investir d’une sainte aura.” Le vêtement révèle donc, notre statut social,  notre état spirituel et notre moralité.

Autres distinctions sur le vêtement dans le monde contemporain

La rouelle placée sur les blouses, ordonnée par les Musulmans et l’étoile jaune, sa fille héritière pendant la seconde guerre mondiale, ont bien été des signes de reconnaissance de statut social, (sous-homme) marqués sur les vêtements des Juifs.

Les endeuillés dont on déchire le col de la blouse. Cette déchirure représente la douleur éprouvée. Le vêtement criant nos humeurs, nos états d’âme.

Les médailles honorifiques accrochées sur les vêtements qui distinguent l’individu pour ses mérites alloués.

L’habit fait le moine

L’Église et son clergé en font de même. Dans l’épiscopat, les robes rouges pourpres des cardinaux montraient leur rang, leur richesse contrairement aux soutanes humbles et pauvres des curés.

Aujourd’hui, les religieux orthodoxes juifs sont reconnaissables par leurs vêtements noirs, chaussettes blanches, pantalons courts ou longs. Il est même possible de connaitre à quelle obédience ils appartiennent en regardant bien la couleur de leurs costumes ou la longueur et la forme de leur pantalon. Le “couvre-chef” qui comme son nom l’indique est pour les hommes, calotte tricotée, noire, grande couvrant toute la tête ou plus petite, discrète posée sur le cote de la tête ou, les chapeaux de différentes tailles, définit le degré de religiosité de chacun. . Et pour les femmes, le foulard noué, perruque, ou béret découvrant la moitié de la chevelure nous indiquent le « degré » du respect des préceptes de telle ou telle personne.

Votre plumage se rapporte à votre ramage

Le vêtement a évolué plaquant son histoire sur celle de l’homme, et de ses découvertes ; industrielle, et technologique, et de ses milieux ; social, culturel, économique, géographique, politique. Le vêtement et ses accessoires sont des codes extérieurs de communication qui déterminent l’origine ethno-sociale –religieuse ou/et les états d’âme, de chaque individu. Porter tel ou tel vêtement influe notre comportement et en retour, celui des autres, sur nous.

On ne choisit jamais par hasard ses vêtements et même ceux qui disent n’y prêter aucune attention, aucune importance. Ils sont bien au contraire le reflet de ce que nous sommes ou de ce que nous tendons à être. Pour comprendre l’Autre, il ne faut plus uniquement l’écouter mais aussi, regarder ses apparats, le plumage se rapporte toujours au ramage même dans le silence des mots.

Quant aux déguisements de Pourim,  de la princesse papillon au capitaine crochet en passant par la vilaine sorcière et l’enfant qui ne voulait jamais grandir ; Peter Pan, et j’en passe, ils pourraient bien révéler aussi, une partie de “notre moi intérieur” enfin, “lâché”.

Mais alors, vraiment, qui a pu inventer cette expression cousue de fil blanc : “l’habit ne fait pas le moine ?”

Maryline  Medioni – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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