Publié le 13 Mai 2016

Hollande et Valls, cessez de traiter de « colons » les Juifs de Jérusalem-Est ! Par Yohann Taïeb

JERUSALEM-FRANCE

Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre,

Face aux nombreuses voix qui ont exprimé avec force leur indignation après le vote de la France à l’UNESCO, vous avez affirmé que « rien dans le vote de la France ne doit être interprété comme une remise en cause de la présence et de l’histoire juives à Jérusalem ».

Cette posture, pour ne pas dire imposture, vole en éclat dès lors que l’on confronte la sémantique de la diplomatie française à l’égard de l’État juif. « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde », disait si bien Albert Camus.

Depuis des décennies, la diplomatie française qualifie injustement de « colons » les Juifs de la partie est de Jérusalem. Cette injustice sémantique remet clairement en cause la présence et l’histoire juive à Jérusalem. Un affront sans nom à une présence juive plurimillénaire à Jérusalem, la capitale spirituelle du peuple juif. Le cœur même du judaïsme. Les Juifs ne sont pas et ne seront jamais des « colons » à Jérusalem. Les Juifs sont les légitimes autochtones de Jérusalem.

Le parti pris sémantique anti-israélien de la langue française dans le conflit israélo-palestinien ne s’arrête pas à Jérusalem. Le français, avec l’anglais est l’une des deux langues de travail à l’ONU.

Quand l’anglais qualifie « d’implantations » les localités juives disputées, le français, lui parle de « colonies », avec tout le caractère péjoratif que porte en lui le terme de colonisation, un mal bien français, d’hier dans les pays arabes, et encore aujourd’hui comme par exemple à Mayotte, un territoire occupé par la France selon l’ONU.

Selon la version française de la résolution 242 (1967), Israël est appelé à se retirer « des territoires occupés », alors que selon la version anglaise Israël est appelé à se retirer « de territoires occupés ». Une différence sémantique de taille car la version française est favorable aux Palestiniens, en sous-entendant que l’ONU demande à Israël de se retirer de tous les territoires qu’il « occupe ».

Mercredi, le Premier ministre Valls a déploré « des formulations malheureuses, maladroites, qui heurtent et qui auraient dû être incontestablement évitées « , au sujet de la résolution de la honte approuvée [avec le soutien de la France] par l’UNESCO. Il en va également de la sémantique anti-israélienne de la diplomatie française.

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère », comme le disait si bien un colon juif, plus connu sous le nom de Jésus.

Par Yohann Taïeb – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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