Publié le 9 Mar 2016

Le couteau froid de la haine et de la mort a poignardé Yaffo | Par Maryline Medioni

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Taylor Force, un touriste américain poignardé à mort par un terroriste palestinien à Yaffo

J’étais en pause sur un banc, Il faisait si bon, le jour commençait à décliner… J’aime tant cet endroit, la vue magnifique dont je ne me lasse jamais, et des souvenirs si joyeux et amoureux le long de cette promenade. Je me sentais si bien. Il y avait, comme d’habitude, des coureurs, des amoureux, des promeneurs, des familles, des pique-niqueurs sur la pelouse, des rires d’enfants qui s’amusent dans les jeux installés pour eux en cet endroit: la vie belle, tranquille, douce, riante, de celle que j’aime.

Soudain, des cris, les sirènes de la police, les ambulances, la nuit tombe. Les gyrophares et les projecteurs remplacent la lune et les étoiles.

Je me lève, des gens courent autour de moi. Des cris et le bruit de ces sirènes, ces voitures de police partout, les ambulances comme dans les films mais là, en vrai, une amie me téléphone, et me hurle ” tu es où là ? Tu rentres en courant dans le bureau et tu t’enfermes, y a un terroriste à hauteur du Dolphinarium, il poignarde tout le monde sur son passage ! Rentre vite au bureau ! ” Je regarde autour de moi, c’est la folie, je traverse la route, je monte dans mon bureau, je m’enferme, je me connecte sur le pc sur le 2 israélienne et là je découvre l’horreur, là, en bas de mon immeuble, là où j’étais assise, là, juste à côté, là, il y a 5mn à peine.

Il y a 5mn à peine… ce couteau froid de la haine et de la mort, aurait poignardé mon cœur chaud de l’amour et de la vie.

Mon cœur bat sa bile, mes veines chavirent mon foie, mon corps se crispe, les yeux fixés sur l’écran. Je ne me sens pas bien du tout, comme de la peur étouffée, de l’angoisse, comme un cri poussé par un muet, un cri écrasé et broyé sur la langue, prisonnier de mes lèvres fermées.

Mon portable n’arrête pas de sonner, Je réponds à mes enfants et à toutes les personnes qui s’inquiètent, pour moi, les rassurer, leur dire de belles paroles souriantes : ” je vais bien très bien etc… ”

Je réponds à quelques messages écrits en mp, en répondant uniquement à deux amies, juste les rassurer comme je peux, ce que je peux, ce que j’arrive à exprimer, avec quelques mots décousus, des mots haletants comme si mon esprit venait de terminer le marathon de Tel Aviv.

Plus d’une heure passe, toutes les routes sur Yaffo sont bloquées, j’attends. Terrible cette attente, terrible.

Puis, soudainement, un silence, un étrange silence si silencieux. Je sors du bureau, je vais dans l’allée voir ce qui se passe, je n’en peux plus d’être enfermée, là à attendre, attendre quoi d’ailleurs ?

Je descends l’escalier, je me risque dehors, je m’approche d’un policier, le questionne sur la situation… « C’est fini » me dit-il…

Fini…Jusqu’à quand ?

Maryline Medioni – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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