Publié le 22 Jan 2016

Paracha Bechala’h : Surprenons-nous !

Silhouette of hiking woman jumping over the mountains at sunset

La sortie d’Egypte et l’ouverture de la mer Rouge illustrent le passage d’un statut de peuple esclave à celui de peuple libre. Lorsque nous célébrons la fête de Pessah chaque année au mois de Nissan, nous ne faisons pas que commémorer un événement, nous le vivons à nouveau. Plus encore, nos Sages enseignent que le concept de sortie d’Egypte (et de nos limites) a précédé l’histoire du peuple hébreu, comme si il était inscrit dans l’ADN du monde, avant même qu’il ne soit créé. En quoi cet épisode marque-t-il l’identité singulière d’Israël et son rapport à D.ieu ?

De tous temps, les peuples se sont représenté des divinités, ont imaginé ce qui pouvait transcender la nature humaine pour donner sens à leur existence. Les philosophes se sont aussi penchés sur la question de D.ieu à travers toutes sortes de spéculations. L’originalité du D.ieu d’Israël, celle qui a apporté le monothéisme au monde, se retrouve dans la première des dix paroles (ou dix commandements). Le début de cette parole est connue du plus grand nombre : “Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu.” Mais c’est la seconde partie qui nous intéresse ici : “..qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, de la maison d’esclavage.” C’est précisément cela qui fait la marque du D.ieu d’Israël : Celui qui fait sortir l’Homme de ses limites, Celui qui intervient dans l’Histoire, mais aussi Celui qui compte sur Ses créatures pour faire le premier pas (ici s’engager dans la Mer).

Ainsi toute référence à un dieu céleste, lointain, détaché de ce monde, est à l’opposé du message de la Torah. L’oubli de cette conception biblique de D.ieu peut conduire des personnes à projeter leurs désirs, craintes, doutes et autres carences parentales sur un dieu imaginaire et personnel. Ici le rapport à D.ieu est dépendant des variations émotionnelles de l’individu et non d’un cheminement spirituel serein. Sortir de nos propres limites est donc une condition nécessaire non seulement pour être libre mais aussi pour se défaire de ces dieux illusoires. La Torah délivre des enseignements qui ont une dimension intemporelle. Ainsi la sortie d’Egypte s’effectue au quotidien par des pensées et des actes qui peuvent relever du détail mais dont la portée est immense. Même une personne dont la vie est réglée comme du papier à musique ne peut prévoir quelles surprises l’attendront au quotidien. Les grandes étapes d’une vie se jouent souvent sur des événements et des rencontres inattendues. Combien de découvertes scientifiques, d’œuvres artistiques, de mariages ont-ils vu le jour grâce à ces heureux “accidents” ? Des circonstances extraordinaires, hors programme, peuvent dévoiler des potentiels insoupçonnés. Sortir d’Egypte, c’est retrouver un rôle actif dans le surgissement de ces nouveautés : oser chaque jour quelque chose qui habituellement nous fait peur, aller à la rencontre de nos limites.. pour mieux les dépasser.

A l’image d’un peuple dont le chemin semblait bloqué par la mer, faisons le choix de nous engager dans des voies qui défient la logique. Et plutôt que de considérer nos limites comme des obstacles, pourquoi ne pas les voir comme des étapes pour nous faire grandir ?

Par E.S – © Le Monde Juif .info | Photo : TTStudio-Fotolia

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