Publié le 6 Nov 2015

Haye Sarah : une clé intemporelle pour le couple

SARA-PARA

Depuis qu’Il a achevé la création du monde, D.ieu a comme principale occupation de former des couples, nous dit la tradition. Or, un traité talmudique (Sota 2a) nous enseigne qu’il est plus difficile d’assortir un couple que de fendre les eaux de la Mer Rouge. Notre paracha raconte le premier chidoukh de l’histoire : Avraham envoie son serviteur Eliezer à Haran dans le but de trouver une femme pour son fils Itshak. Si cette délicate mission est confiée à un homme, ce dernier a néanmoins besoin de la validation de D.ieu pour reconnaître l’élue : Rivka, fille de Bethuel, le neveu d’Avraham.

Quelle clé la “génération techouva” peut-elle saisir de cet épisode, elle qui est plus habituée aux sites de rencontres qu’aux chidoukhim ? Tout d’abord, nous observons qu’Eliezer s’en remet avant tout à Hachem pour reconnaître la future épouse d’Itshak. Comme pour nous avertir que la formation du couple nécessite une intervention divine au-delà des seules considérations humaines. Penser que l’on peut seul maîtriser ce processus relève donc de l’illusion.

Aujourd’hui, le rôle d’intermédiaire est récupéré et déformé par le virtuel. Des Eliezer de substitution offrent un large choix de partenaires potentiels qui répondent à des critères de plus en plus ciblés. Bien que ces technologies multiplient les rencontres, elles semblent pourtant éloigner les individus de LA rencontre en les maintenant dans le lucratif engrenage consommation/frustration. Cet éloignement est soigneusement entretenu par le “love business” qui tente de faire passer l’idée que la quantité nous rapprochera de la qualité. Le zapping, l’idéologie du jetable, du facile, sont à l’opposé des efforts et du temps nécessaires pour reconnaître l’autre dans sa différence et ainsi bâtir une véritable relation de couple.

Pour nous remettre sur les voies de l’altérité, permettons à des personnes de s’inviter sur la route de notre mazal comme le fit Eliezer pour Itshak. A l’image de D.ieu avec Sa Création, nous effectuons un tsimtsoum, limitant notre égo pour faire une place à l’autre. Nous préparons ainsi un espace pour deux où chacun manifeste son désir, conserve sa singularité, son rôle et tout simplement sa liberté, à l’abri d’une indifférenciation destructrice.

Le lien maternel qui s’instaure dès les premières années de la vie nous a inconsciemment conduits à associer amour et fusion. Il est normal de ressentir de la peur lorsqu’un espace se crée entre l’autre et nous, notamment au début d’une relation. Mais c’est en agissant ainsi que l’amour peut s’inviter entre deux êtres et grandir. Il jouera le rôle de “colle” qui conduit à la véritable fusion des corps et des âmes. Ne dit-on pas de deux personnes qui s’aiment qu’il y a quelque chose “entre” elles ?

Par E.S – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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