Publié le 29 Août 2015

Prince Albert II de Monaco, le pardon du peuple juif passe par la débaptisation du Stade Louis II

STADE-LOUISII

Monseigneur,

Dans un geste de repentance sans précédent, vous avez demandé pardon jeudi au peuple juif pour le rôle joué par la principauté dans la déportation des Juifs vers les camps nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

« Le dire aujourd’hui, c’est reconnaître un fait. Le dire aujourd’hui, devant vous, c’est demander pardon », avez-vous déclaré.

Dans la lignée de votre père, le Prince Rainier III qui, en 1993, dressa pour la première fois dans la principauté une stèle commémorative au carré israélite du cimetière de Monaco en souvenir des victimes juives, un acte fondateur, depuis votre accession au trône, vous vous êtes efforcé de faire toute la lumière sur le passé sombre de votre cité.

Pour mener à bien ce délicat devoir de mémoire, vous avez confié différentes missions à Pierre Abramovici, écrivain-journaliste, enfant du pays, spécialiste de l’histoire de Monaco sous l’Occupation.

En 1999, dans un documentaire édifiant – Monaco, l’étrange neutralité -, réalisé par Pierre Abramovici, le rôle accablant du Prince Louis II dans la loi sur le recensement des Juifs est souligné. Germanophile et antisémite, le prince a mis la principauté au pas de la collaboration sans rechigner, et rapidement, selon le réalisateur. « Je ne veux pas que ma Principauté devienne une Palestine de luxe », a-t-il déclaré un jour, a rappelé M. Abramovici.

Aujourd’hui, le nom du Prince Louis II est mondialement connu, avant tout, au travers du Stade Louis II, pour ses diverses compétitions sportives internationales qu’il accueille. Alors que les nuages noirs du nazisme s’accumulent au-dessus du vieux continent, le stade fût inauguré en 1939.

Le sport est symbole de tolérance et non de haine. Soixante-dix ans après l’horreur de la Shoah, comment est-il encore possible qu’un stade aussi connu que celui de la principauté porte le nom d’un dirigeant controversé, clairement compromis dans le funeste sort des Juifs de cette époque ? Cela est impensable. Et pourtant.

Vous avez à présent l’occasion de prouver à nouveau, par un acte fort, que le devoir de mémoire soutenu par la Principauté s’inscrit dans une réelle démarche de vérité.

Une vérité comme celle que le Prince Albert Ier porta avec éclat, en étant dès le début de l’affaire Dreyfus, l’un de ses plus ardents défenseurs contre ses accusateurs antisémites. Il n’est pas de plus beau nom que celui d’Albert Ier pour renommer le stade de l’avenue des Castelans.

Yohann Taïeb – Directeur de la publication du Monde Juif .info | Photo : DR

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