Publié le 4 Août 2015

Albert Chennouf-Meyer : « Jamais je ne me serai recueilli sur la tombe d’Arafat »

CHENNOUF

Le père d’un des trois soldats abattus à Montauban par le terroriste Merah en 2012, Albert Chennouf-Meyer, est actuellement en visite privée en Israël. Malgré l’émotion de ce voyage, là-même où l’assassin de son fils a séjourné brièvement avant ses crimes, M. Chennouf-Meyer a accepté de répondre aux questions du Monde Juif .info.

Comment avez-vous ressenti le besoin de vous rendre ici en Israël ?

Je ne sais pas si c’est un besoin mais je tenais à venir ici pour trois raisons. Tout d’abord je suis venu ici pour consulter des spécialistes des yeux car on a découvert que le fils d’Abel, notre petit Eden, a contracté à l’âge de sept mois un nystagmus. Ensuite, je suis venu ici pour me recueillir sur les tombes des victimes juives de Toulouse, trois enfants et leur papa. Enfin, cela fait deux ans que ma femme et moi-même n’avons pas pris de vacances. Quelques amis m’ont recommandé cette destination. Je voulais voir de mes propres yeux ce pays si décrié.

Vous vous-êtes recueilli sur les tombes des victimes juives de Merah, qu’avez-vous éprouvé en ce moment si symbolique ?

Il m’était impossible de rentrer en France sans me recueillir sur les tombes des victimes de Merah dont mon fils faisait partie. C’est un devoir, une obligation.

Depuis les drames de Toulouse et Montauban, les familles des victimes se sont-elles réunies pour renforcer les liens malgré le temps passé ?

Malheureusement non. Nous sommes divisés depuis le début, et sur ce point l’Etat a bien joué son rôle. Diviser pour mieux régner. Cet adage est vieux comme le monde et malheureusement il a de l’avenir. Le plus bel exemple c’est la gestion de l’affaire du père Merah. Aucun avocat n’a jugé utile de demander à entendre le père du monstre. Aucun. Le silence assourdissant des avocats est éloquent. Ils roulent pour l’Etat.

Il y a trois mois, Latifa Ibn Ziaten, la mère d’un des trois soldats tués par Merah, s’est recueillie avec des enfants sur la tombe du terroriste Arafat. Une réaction ?

Cette dame fait ce qu’elle veut. Personnellement, jamais je ne me serai recueilli sur la tombe d’Arafat. Je ne suis pas venu me recueillir sur la tombe d’un terroriste. Autant rester en France et se recueillir sur la tombe de Merah à Toulouse. Aller se recueillir sur la tombe d’Arafat est une insulte et un viol mémoriel des victimes.

En décembre dernier, vous étiez présent aux côtés de la communauté juive de Créteil après l’agression antisémite d’un jeune couple. Comment percevez-vous la montée de l’antisémitisme en France ?

Je ne suis pas Juif mais je suis solidaire de cette communauté. Je suis souvent qualifié de – sioniste – par mes détracteurs. Cela ne me gêne absolument pas. Deux pour cent des citoyens français qui composent la communauté musulmane se sont appropriés la religion de l’islam. Ce sont des nazislamistes. Ils se servent de l’islam à des fins politiques. Ils sont financés par le Qatar et l’Arabie saoudite. Leur but est le remplacement des populations. Nos politiques le savent très bien.

Pour conclure, vos impressions sur Israël ?

Je suis impressionné par le dynamisme de cette jeune nation. J’ai vu un pays multicolore qui avance. J’ai été frappé par l’assassinat de la jeune Shira. J’ai vu des milliers d’Israéliens descendre dans la rue pour condamner les actes horribles d’un des leurs. Nous ne voyons pas cela en France. Tous les terroristes qui ont frappé notre pays sont des musulmans mais les musulmans continuent à dire qu’ils ne sont en rien responsables. Enfin, mon sentiment est que l’émotion vous gagne quand vous visitez Jérusalem. C’est une ville sainte à part.

Propos recueillis par Yohann Taïeb – © Le Monde Juif .info | Photo : Le Monde Juif .info

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