Publié le 22 Avr 2015

EXCLUSIF | Cédric, le fils de Richard Anthony : “Mon père croyait en la paix entre Juifs et Arabes”

RICHARDANTHONYISRAEL

La star de la variété française, Richard Anthony, de son vrai nom Ricardo Btesh, juif originaire du Caire en Égypte, est décédée dans la nuit de dimanche à lundi, des suites d’un cancer, dans les Alpes-Maritimes. Il doit être inhumé selon le rite juif. Homme de scène, il était, pour autant sans jamais le revendiquer, un homme engagé dans la paix entre Juifs et Arabes. Rencontre avec son fils Cédric :

LMJ : Quel rapport entretenait votre père avec le judaïsme ?

Mon père a été éduqué dans le judaïsme dès son plus jeune âge par ses parents. Son père était très religieux. Mon grand-père, qui voyageait beaucoup en avion avec son fils, aimait à rappeler que notre père, dans sa jeunesse, n’hésitait pas à l’époque à mettre ses téphilin, au milieu de l’allée de l’appareil, et priait ainsi devant les gens ahuris.

Mon père a fait sa bar mitsva en Égypte mais quand son père est mort, il l’a mal accepté, et s’est éloigné un peu de la religion sans jamais renier son judaïsme, et ce jusqu’à la fin de sa vie.

LMJ : Comment a-t-il transmis son judaïsme à ses enfants ?

Il nous a élevé dans un judaïsme traditionaliste modéré, à savoir le respect du chabat en famille et les grandes fêtes.

LMJ : Comment a-t-il vécu la résurgence de l’antisémitisme en France ?

Il en avait très peur mais c’était quelqu’un de courageux et de combatif mais par-dessus tout c’était un amoureux de la France.

LMJ : Quels étaient ces liens avec Israël ?

Durant la Guerre des Six jours, mon père avait mis à la disposition de l’État d’Israël son avion privé pour acheminer de l’aide de première urgence. Il avait beaucoup été critiqué à l’époque pour ce geste. Peu de temps avant, en 1966, il avait commandé en 1966 « La Terre Promise » au parolier Pierre Delanoë. Entre 1960 et 1975 il se rendait souvent en Israël.

Au-delà de cette solidarité avec Israël, qu’il n’a jamais mis en avant, mon père était avant tout un homme de paix. Par exemple, il avait décidé de chanter en arabe Inchallah d’Adamo, initialement interprétée en français. Il croyait fermement en la paix entre Juifs et Arabes, entre Israéliens et Palestiniens, lui enfant d’une famille juive syrienne, et qui a vécu en Égypte. Il haïssait la guerre, il le chantait avec notamment « Écoutes dans le vent » ou « Le déserteur ».

Propos recueillis par Yohann Taïeb – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

Recherche

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer