Publié le 3 Oct 2014

Kippour : les secrets de la bénédiction des Cohanim

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Parmi les travaux des Cohanim (prêtres en français) dans le Bet Hamikdach (Temple de Jérusalem), il y avait le Birkat Cohanim (la bénédiction des prêtres) qui se déroulait sur l’estrade devant le Hekhal-ou Kodesh. Le Hekhal ou Lieu Saint, (1 Rois 8: 8-10), est aussi appelé la « grande maison ». Il était de la même largeur et la hauteur que le Saint des Saints. Ses murs étaient tapissés de cèdre, où étaient sculptés des chérubins, des palmiers et des fleurs, le tout recouvert d’or. Cette bénédiction s’y déroulait entre les deux colonnes, Yahin et Boaz. Jakin et Boaz sont les noms des deux colonnes de bronze fabriquées par Hiram et placées par le roi Salomon à l’entrée du Temple de Jérusalem (Premier livre des Rois 7,13-22) : « Le roi Salomon […] dressa les colonnes dans le portique du temple ; il dressa la colonne de droite et la nomma Jakin ; puis il dressa la colonne de gauche et la nomma Boaz. »

Aujourd’hui, cette bénédiction est encore donnée par tous les Cohanims (ceux dont le nom de famille est Cohen) présents dans la synagogue, le jour de kippour.

La bénédiction récitée est la suivante : «  Soit loué, Eternel notre Dieu, Roi de l’univers qui nous a sanctifié par la sainteté d’Aaron et qui nous a ordonné de bénir ton peuple Israël avec amour.»

-Que l’Eternel te bénisse et te préserve !

-Que l’Eternel t’éclaire de sa face et te sois favorable !

Que l’Eternel tourne sa face vers toi et te donne la paix !

Pendant cette cérémonie, les Cohanim se couvrent le visage de leur talith, à l’époque du Bet Amikdach, les Cohanim avaient le visage découvert et plaçaient leurs mains, doigts écartés devant leurs visages.

Le Cohen gadol (le grand prêtre) se tenait trois marches en dessous de la rangée la plus haute, il était choisi suivant des critères de sagesse, de taille, intelligence, force, beauté et il est incontestable qu’il était ainsi aux yeux de tous.

Il se plaçait donc dans cette position pour être à la hauteur de tous les autres prêtres, preuve de son humilité.

La position des mains des Cohanim a plusieurs significations, mais l’une d’entre elles que nos maitres nous enseignent est celle du passage de la chekhina (souffle divin) à travers le triangle formé par la séparation entre l’auriculaire et l’annuaire et l’index et le medium.

Il faut revenir à la sortie d’Egypte et au passage des hébreux dans le désert pendant 40 ans en possession du michkan (l’arche sainte) pour en comprendre la signification.

En effet, D-ieu ne souhaitait qu’une chose lors de la sortie d’Egypte : c’est amener le peuple en Israël et en particulier à Jérusalem afin qu’il construise le Bet Hamikdach. Mais pour que le peuple d’Israël puisse se renforcer physiquement et principalement spirituellement, Il lui a donné la manne, l’eau et l’a protégé d’une nuée le jour et d’une colonne de feu la nuit. Le peuple traversait le désert marchant en forme d’étoile qui était le magen (bouclier).

Mais pourquoi ces deux triangles s’imbriquent l’un dans l’autre ?

Le premier triangle dont la base est en bas et la pointe en haut symbolise l’aspiration de l’homme vers D-ieu. Le deuxième qui est inversé, est l’aspiration de D-ieu vers l’homme.

Les 12 tribus se situaient dans les différents points stratégiques de ces deux triangles. Mais les 2 triangles ont une signification encore plus profonde car le triangle du haut qui pointe vers le bas représente la femme et le triangle qui va vers le haut, l’homme. Il y a donc eu pendant 40 ans une connivence absolue entre D-ieu et les hommes et un amour total entre les trois êtres indissociables pour le bon fonctionnement de la terre : D –ieu, l’homme et la femme.

C’est pour cette raison que le birkat cohanim est si important car les deux triangles que forme le Cohen avec ses doigts écartés où passe la shekhina, représente la bénédiction de D-ieu vers les hommes et le triangle que forment les deux pouces et les deux index sont le triangle de la demande de l’homme formulée pour que D-ieu lui donne protection et bénédiction. Nous pouvons donc comprendre l’importance de se tenir tête baissée devant les Cohanim lors de cette bénédiction, recouvert du talith, pour recevoir ce souffle divin, les prêtres étant les intermédiaires entre D-ieu et Israël.

Et c’est dans cet instant précis que l’homme et D-ieu et D-ieu et l’homme retrouvent la fusion parfaite comme au temps de la traversée du désert.

JM Rosenfeld- © Le Monde Juif .info | Photo : Le Monde Juif .info

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