Publié le 28 Mai 2014

Quelle langue parlait Jésus ? Controverse entre Netanyahu et le pape François

Jésus-synagogue-de-Nazareth

Lors du récent séjour en Israël du souverain pontife, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le pape François ont échangé quelques mots sur la langue parlée par Jésus il y a deux milles ans.

« Jésus était ici, dans ce pays. Il parlait l’hébreu », a déclaré Netanyahu au pape François, lors d’une réunion publique à Jérusalem, durant laquelle le dirigeant israélien a cité un lien solide entre le judaïsme et le christianisme. « En araméen », a rétorqué le pape. « Il parlait l’araméen mais aussi l’hébreu », a assuré le dirigeant israélien, instruit sur le sujet par son père, l’historien Bentzion Netanyahu.

Alors, qui a tort qui a raison ?

Explications. Comme le précise le site bible.net, lorsque les Judéens sont revenus s’installer, aux alentours de 500 avant notre ère, dans la région de Jérusalem après 70 ans passés en Babylonie, ils avaient adopté l’araméen, la langue de leurs envahisseurs. Leurs descendants ont conservé cette habitude et dans les maisons, surtout chez le petit peuple, on parlait araméen. Cette langue sémitique est certes proche de l’hébreu, mais elle ne lui est pas identique.

Jésus parlait donc l’araméen dans la vie de tous les jours parce qu’il voulait être compris des foules qui venaient l’écouter, ses enseignements étaient donc donnés en araméen. Le texte des évangiles en porte d’ailleurs la trace. Ainsi lorsqu’il prend la petite fille par la main pour lui rendre la vie, il lui dit « Talitha koum » ce qui signifie en araméen « petite fille, lève-toi ! » (Marc 5.41). L’expression « Maranatha » qui signifie « le Seigneur vient » est également en araméen, tout comme le mot « abba », père, que Jésus prononce dans un moment de grande détresse à Gethsémané (Marc 14.36).

Ceci étant, Jésus connaissait aussi l’hébreu, la langue dans laquelle la plupart des livres saints du judaïsme ont été rédigés. On le voit ainsi dans la synagogue de Nazareth lire sans aucune difficulté le texte hébreu du livre d’Esaïe et en faire un commentaire audacieux pour les auditeurs (Luc 4.16-17).

Voilà pourquoi au retour de l’exil, les Lévites, appelés aussi Docteurs de la loi, ont pris une très grande importance : ce sont eux qui avaient la charge de traduire en araméen compréhensible pour le peuple les écritures hébraïques qui étaient lues à la synagogue ou au temple. Ils faisaient ensuite un commentaire de ces textes pour indiquer comment ils devaient être compris et mis en pratique. Cette tradition interprétative, orale au départ, a progressivement été mise par écrit : c’est ce que l’on appelle le Talmud.

Si l’on veut être tout à fait exact, il faut donc dire que la langue maternelle de Jésus était l’araméen mais qu’il lisait aussi l’hébreu.

L’araméen continue à être parlé aujourd’hui dans quelques villages en Syrie et en Irak, et il est utilisé comme langue liturgique dans les Églises de rite syriaque.

Le Monde Juif .info avec la-bible.net

© Photo : DR

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