Publié le 10 Déc 2013

René Cassin, l’un des pères de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme

CASSIN

Né à Bayonne en 1887, dans une famille de la bourgeoisie juive et mort à Paris en 1976, René Cassin est une personnalité phare du XXe siècle par la contribution essentielle qu’il a apportée à la rédaction, entre 1946 et 1948, de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Hissant les droits de l’homme au niveau des devoirs fondamentaux des sociétés modernes, René Cassin, pour qui l’homme prévaut, a insisté sur le caractère universel de la Déclaration des droits de l’homme que chaque pays, en intégrant l’ONU, signe de fait. La Déclaration est devenue un outil juridique incontestable sur lequel tout homme ou toute organisation peut s’appuyer pour faire respecter les droits fondamentaux à la personne humaine au-delà des cultures et des communautés.

Le prix Nobel qui a été attribué à René Cassin en 1968 est venu saluer non seulement cette réalisation majeure pour l’humanité, mais, au-delà, une personnalité vouée tout entière à la cause des droits de l’homme.

De fait, dès après la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a été très grièvement blessé lors des grandes batailles de la Meuse, René Cassin, juriste de formation, s’est engagé en faveur des anciens combattants, mais aussi des familles des victimes, en particulier des veuves de guerre et pupilles de la nation, défendant en particulier leur droit à réparations. Puis, premier civil à répondre à l’appel du 18 juin 1940 lancé par le général de Gaulle depuis Londres, il a été un acteur de premier plan de la “France libre “, au service de laquelle il a mis toutes ses compétences.

Le hasard qui a voulu qu’en 1942 de Gaulle lui confie la présidence de l’Alliance israélite universelle (AIU) s’est révélé des plus fortuits : cet homme porté par la cause des droits de l’homme s’est ainsi retrouvé à la tête d’une organisation qui, depuis sa création en 1860, s’efforçait non seulement de “concentrer les forces du Judaïsme, secourir et encourager les Israélites qui souffrent pour leur foi et sont lésés dans leur existence, leur intérêt et leur dignité, réhabiliter le mot juif “, mais aussi d’”appliquer les principes de 1789 et les propager en faveur de la liberté de l’esprit, inciter la jeunesse occidentale à dominer l’esprit matérialiste à l’aide de la morale et du sentiment religieux, ramener la considération due à la richesse ou à la fonction à sa juste proportion et faire appel aux femmes”. A travers cette mission, René Cassin, considérant que ” la défense des Juifs contre le renouvellement d’horreurs comme celles du nazisme n’était possible que dans le cadre d’une défense efficace des droits de l’homme partout dans le monde “, a cherché à mettre en œuvre de manière concrète les principes et valeurs humanistes qui étaient les siennes, faisant de l’AIU une institution en charge de la “défen[se de] la dignité et [de] la personnalité de tous les êtres humains “, au service de “la solidarité de tous les hommes, quelle que soit leur race ou leur confession”.

René Cassin voyait en l’Alliance israélite universelle, qu’il a présidée de 1942 à 1976, ” une organisation non politique, dont l’action a surtout un caractère moral et éducatif. Son objet fondamental continue à être l’élévation de la dignité de l’homme, la formation des jeunes afin qu’ils deviennent les meilleurs Juifs, les meilleurs citoyens, les meilleurs hommes et femmes et, en même temps, la lutte contre les persécutions et l’esprit de violence en tous lieux. Elle entend contribuer à la civilisation humaine par la diffusion des valeurs du judaïsme”.

C’est ainsi qu’on peut dire, avec George Weill, ancien conservateur général honoraire du Patrimoine, que si “René Cassin, partisan convaincu de la coopération internationale, n’aurait sans doute pas eu besoin de l’AIU pour parfaire son œuvre de juriste des droits de l’homme “, “l’œuvre de l’AIU était un champ complémentaire à ses idées, parce qu’elle apportait déjà des réalisations concrètes et une doctrine éprouvée aux idées sur les libertés individuelles et collectives qu’il défendait depuis la Première Guerre mondiale “.

A l’aune de ce parcours ici rapidement retracé, on ne peut que s’incliner devant une personnalité aux convictions humanistes si profondément ancrées, qui, en toute circonstance, s’est efforcé de protéger au mieux les droits fondamentaux de l’être humain.

© Sophie Enos-Attali – http://www.judaicultures.info

© photos : DR

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