Publié le 2 Déc 2013

Emmanuelle Cosse, la nouvelle patronne d’EELV et le conflit israélo-palestinien

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Emmanuelle Cosse, 39 ans, a été élue samedi secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) avec 55,35% des voix lors du congrès de Caen (Calvados). Les Verts, en particulier sous la direction de Cécile Duflot, ont constamment adopté des positions hostiles et critiques à l’égard d’Israël. Quelle sera l’attitude de la nouvelle patronne d’EELV sur le conflit israélo-palestinien. Quelques éléments de réponse.

Rares sont sur Internet ses prises de positions sur ce conflit, toutefois, deux articles publiés sur son blog, inactif depuis le 5 avril 2010, permettent cependant d’avoir quelques points de repères.

Le premier, une critique systématique du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) qui entretiendrait volontairement selon elle, une confusion entre le judaïsme et le sionisme, qui tenterait d’étouffer toute critique de la politique israélienne ou du sionisme sous l’accusation d’antisémitisme latent.

“En 2002 au moment du siège de Ramallah par l’armée israélienne, défendre l’existence d’un État palestinien était alors devenu un signe d’antisémitisme, critiquer la politique de Sharon étant considérée comme une critique de l’existence même d’Israël, donc du sionisme et par conséquent la preuve d’un antisémitisme latent. Cette position défendue par certains membres du CRIF qui tend à une confusion délibérée entre l’existence de l’État israélien et sa politique offensive contre les territoires palestiniens, a figé un certain temps les termes du débat.”, estime-t-elle dans son article “Palestine, la guerre des mots”, en date du 1er février 2005.

Une critique qu’elle reprendra également en février 2009, lors de l’opération militaire israélienne de “Plomb durci”. “En France, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), dans la droite ligne de ce que fait l’Etat d’Israël, entretient volontairement, par ses appels à faire « bloc derrière l’Etat d’Israël », une confusion entre le judaïsme, religion vieille de plusieurs siècles, et le sionisme, idéologie politique née à la fin du XIXe siècle. L’objectif ? Imposer une lecture religieuse et civilisationnelle du conflit israélo-palestinien.”, dénonce-t-elle.

Le second point de repère est qu’elle considère le sionisme comme un projet colonialiste.  “On sait que, mené pour s’accaparer une terre et ses ressources, un projet colonial s’embarrasse en vérité bien peu de la religion ou de la couleur de peau de ceux qui y vivent. Et il sait, au besoin, utiliser ces paramètres pour justifier son entreprise ou en détourner l’attention.”, écrit-elle dans son article “Conflit israélo-palestinien, la politique contre les confusions” de février 2009.

Troisième point de repère, une dénonciation constante du discours antisémite de certaines personnalités et mouvements de gauche ou d’ultra-gauche. “Dans les têtes de certains manifestants français de ce mois de janvier (2005), le soldat israélien est avant tout un juif. Et les synagogues deviennent tout naturellement les temples des amis d’Israël. La confusion est là.”, s’inquiète-t-elle.

“Ces confusions sont porteuses de risques pour l’avenir. Car l’impuissance du politique à régler de façon juste la question palestinienne les renforce. Et elles ont lieu en France, un pays où la haine du juif – une construction chrétienne, faut-il le rappeler – a toujours existé et peut probablement se réinstaller vite, ce qui exige une vigilance de tous les instants.”, poursuit-elle.

“Dans ce contexte, la gauche a un rôle essentiel à jouer. D’abord, tout en refusant de céder aux tentations de panique antisémites, elle doit faire le ménage chez elle. Des poches d’antisémitisme ont toujours existé au sein de la gauche radicale. Et il reste de nombreux paumés pour soutenir Dieudonné, ou pour mettre sur un même plan le nazisme et Israël. Autant d’amalgames qu’il convient de condamner totalement, fussent-ils minoritaires : ils sont en contradiction absolue avec les valeurs de justice, d’égalité et de fraternité défendues par le mouvement de solidarité avec les Palestiniens.”, conclut-elle.

Dernier point de repère, Emmanuelle Cosse, à peine élue, a annoncé samedi, vouloir mener un “combat frontal” contre le Front National lors des prochaines échéances politiques. “FN contre EELV, extrême droite contre écolos : le choc doit être frontal. Nous lutterons pied à pied pour ne pas leur laisser une once de terrain. Qui pour parler d’Europe à part nous ?”, a-t-elle lancé devant les militants d’EELV.

En juin dernier, une douzaine de parlementaires et de membres de la direction d’EELV s’étaient rendus en Israël, une première, pour tenter de dissiper les accusations d’antisémitisme et d’antisionisme à l’encontre du parti. Une initiative montée avec l’aide de l’association Elnet, une organisation qui pousse au rapprochement entre l’Europe et Israël.

Reste à savoir maintenant, si sous la direction d’Emmanuelle Cosse, cette attitude positive de compréhension de la complexité du conflit israélo-palestinien, se poursuivra.

Sylvie Kaplan – © Le Monde Juif .info

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