Publié le 26 Sep 2013

Le Pape François : « J’aime Marc Chagall »

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Marc Chagall, le peintre juif célèbre pour ses scènes de shtetl mystiques, est l’un des peintres préférés du pape François, et son tableau de prédilection est « Crucifixion blanche« . 

Dans une interview donnée à la revue jésuite italienne, La Civiltà Cattolica, le pape François s’est exprimé sur des sujets divers tels que sur l’homosexualité, l’avortement et la contraception, mais aussi sur ses préférences personnelles dans les arts et la culture.

« Parmi les grands peintres, j’admire Caravaggio, ses tableaux me parlent « , a-t-il dit.

Les biographes de Caravage évoquent toujours les rapports étroits entre le peintre et le mouvement de la Reforme catholique. Proche de Philippe Neri, mort en 1595, fondateur de la Congrégation des Oratoriens, il souhaitait renouer avec la dévotion des premiers chrétiens, leur vie simple et il accordait un grand rôle à la musique. L’entourage de Caravage, ses frères pratiquaient leur foi dans l’esprit des Oratoriens. Les scènes religieuses de Caravage sont imprégnées de cette simplicité, mettant en scène des pauvres, avec leurs pieds sales, les apôtres allant pieds nus, et la fusion des costumes antiques les plus modestes et des vêtements contemporains les plus simples, participe de l’intégration de la foi à la vie quotidienne.

« Mais aussi Chagall, a ajouté le Pontife, et notamment son tableau : la « Crucifixion blanche« .

Chagall, artiste juif, a créé cette œuvre en 1938, dans laquelle Jésus le crucifié, symbolise non seulement la persécution des Juifs sous les nazis mais devient un symbole universel de toutes les persécutions religieuses à un moment où l’antisémitisme sévissait en Europe, l’année même de La Nuit de Cristal (Kristallnacht).

Au lieu d’une couronne d’épines, la tête de Jésus est entourée d’un linge. Ses reins sont ceints d’un talith, un châle de prière. Le nimbe autour de sa tête fait écho au halo de la ménorah posée à ses pieds. Au dessus de lui, les patriarches hébreux et Rachel se lamentent. Tout autour de lui, Chagall a dépeint un paysage de désolation sous la neige : une synagogue en flammes est pillée, des gens fuient pour tenter d’échapper aux villages en flammes. Chagall a ensuite ajouté certains détails : le svastika sur le brassard et le drapeau d’un soldat (en haut à droite) et l’inscription « Je suis un Juif  » (sur le personnage qui s’enfuit en bas à droite).

Le pape François a révélé aimer Mozart notamment lorsqu’il est interprété par Clara Haskil, une pianiste juive d’origine roumaine, décédée en 1960.

Mais le pape a également nommé Richard Wagner comme un autre de ses compositeurs préférés. La musique de Wagner est rejetée par de nombreux Juifs à cause de son antisémitisme.

Le premier essai de Wagner, publié en 1850, Das Judenthum der se donne pour but d’expliquer l’aversion populaire envers la musique des compositeurs juifs de l’époque. Wagner écrit notamment que le peuple allemand est « repoussé » par les Juifs en raison « de leur aspect et de leur comportement d’étrangers « , et les Juifs « sont des anomalies de la nature « .

Muriel Bensimon – © Le Monde Juif .info 

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