Publié le 11 Août 2013

La mystérieuse « Tablette du Roi Joas » relance les spéculations les plus folles

En septembre 2001, un collectionneur privé d’antiquités bibliques, Oded Golan, affirmait détenir une tablette sur laquelle était gravée, en Hébreu ancien, les descriptions des réparations du Temple de Salomon entreprises sous le règne du Roi judéen Joas.

Cette tablette, le chaînon manquant, la preuve archéologique prouvant matériellement l’existence du Temple a suscité un incroyable emballement médiatique mais très vite la communauté scientifique a discrédité non pas les résultats des analyses scientifiques mais les conclusions des experts ayant examinés l’antiquité en question, qui serait, en fait, l’œuvre de faussaires de génies.  Depuis près d’une décennie, cette tablette est une pierre d’achoppement entre l’Etat d’Israël et le très controversé Oded Golan, accusé en 2004 par la justice israélienne de crimes pour fraude et contrefaçon.

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C’est essentiellement en se basant sur la forme des lettres, la provenance de la pierre et l’analyse de la patine – le revêtement naturel qui se forme à la surface d’une pierre par l’absorption ou la perte de divers éléments – que l’authenticité de la tablette a pu être contestée. Le professeur Goren de l’Université de Tel-Aviv a démontré comment il est possible, avec un équipement rudimentaire, de produire un faux qui peut confondre les meilleurs experts.

Après plus de sept ans et demie de procédures judiciaires et plus de 130 témoins entendus, dont des dizaines d’éminents experts israéliens en géologie, chimie, microbiologie et en anciennes écritures, c’est un coup de tonnerre dans cette affaire qui vient de se produire ; la Cour de district de Jérusalem a statué que l’Etat d’Israël n’était pas en droit de déclarer l’antiquité comme un faux au regard des résultats et différentes enquêtes menées sur la tablette.


La pierre gravée du Roi Salomon (1 sur 3) by rapharaons

Avec ce jugement, c’est l’ensemble des accusations portées contre le sulfureux collectionneur d’antiquités bibliques, Oded Golan, qui s’effondre. L’Etat d’Israël a décidé de se plier à ce jugement mais a saisi la Cour suprême non seulement car il prétend encore que la tablette est un faux, parce que les lettres de l’inscription n’ont pas une patine compatible avec son âge présumé et que, par conséquent, la tablette est un « élément utilisé dans la perpétration d’une infraction » mais aussi en réclamant que la Cour suprême enjoigne à Oded Golan de lui remettre la tablette sans la moindre condition financière.


La pierre gravée du Roi Salomon (2 sur 3) by rapharaons

Pour David Barhum, l’avocat de Golan, l’Etat d’Israël va devoir convaincre la Cour, au delà de tout doute raisonnable, que les rayures dans le creux des lettres sont fausses et sont « contemporaines » et même si l’État pouvait prouver cela, il devra encore prouver que Golan en est le faussaire et que le délai de prescription ne s’applique pas.


La pierre gravée du Roi Salomon (3 sur 3) by rapharaons

 » Dans son for intérieur, l’État pense qu’un jour, il s’avérera que l’inscription sur la tablette n’est pas fausse «  ajoute l’avocat pour tenter d’expliquer la détermination de l’Etat d’Israël à mettre la main sur la précieuse tablette. De son côté, l’Etat évoque le fait que la pierre en elle-même est une antiquité, et que, conformément à la loi, et même s’il considère les inscriptions comme fausses, il est en droit d’en exiger la restitution.

« Je suis prêt à mettre la tablette en exposition dans un musée pour une longue période et sans frais. Je ne pense pas qu’elle devrait y figurer comme une antiquité, mais comme un élément avec toute la controverse environnante. Je suis également prêt à m’engager à ce qu’elle ne sorte pas du pays. Mais l’État veut la confisquer  » a, quant à lui, déclaré Golan.

Le sort de l’énigmatique tablette est désormais entre les mains de la Cour suprême d’Israël et quelque soit son jugement, digne ou non du Roi Salomon, les spéculations les plus folles continueront d’entourer cet artéfact si controversé.

Par Muriel Bensimon – Le Monde Juif .info

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