Publié le 18 Août 2013

Egypte : Israël déclare « l’état d’urgence diplomatique »

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Tout affaiblissement de l’armée au Caire pourrait se traduire par une remise en cause du traité de paix entre Israël et l’Égypte.

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L’État hébreu redoute de devenir une «victime collatérale» de la crise en Égypte. Par précaution, Benyamin Nétanyahou a ordonné à ses ministres et aux porte-parole officiels d’observer un mutisme total sur les violences en Égypte, à l’issue d’une réunion d’urgence du cabinet de sécurité vendredi, dont les délibérations ont été tenues secrètes. Il s’agit de ne pas prêter le flanc aux arguments des Frères musulmans, qui dénoncent «l’alliance» du régime des généraux au Caire avec les États-Unis et Israël.

Le deuxième motif d’inquiétude porte sur l’attitude des Américains. Les dirigeants israéliens redoutent que Barack Obama sanctionne le général Abdel Fattah al-Sissi en gelant l’aide militaire annuelle de 1,3 milliard de dollars versée par Washington au Caire. Un pactole vital pour les militaires égyptiens. «Il n’est pas de l’intérêt des États-Unis de tout casser dans la boutique et de prendre des initiatives qui pourraient créer une situation irréversible», prévient Tzahi Hanegbi, un député proche de Benyamin Nétanyahou. Alex Fishman, commentateur militaire du quotidien Yediot Aharonot, affirme pour sa part qu’un «état d’urgence diplomatique» a été déclaré en Israël.

«Du premier ministre aux échelons politiques inférieurs, tout le monde a été mobilisé pour agir auprès de la Maison-Blanche, du département d’État, du Pentagone et surtout du Congrès, afin d’éviter une attaque frontale des Américains contre les généraux égyptiens», affirme Alex Fishman qui estime que «cette bataille apparaît actuellement comme une cause perdue».

Des «erreurs historiques à répétition»

L’Aipac (American Israel Public Affairs Committee), le très influent lobby pro-israélien à Washington, participe à cette campagne. Dans un récent message adressé aux sénateurs, cette organisation affirme que le gel des subsides américains «pourrait aggraver l’instabilité en Égypte, affecter les intérêts américains et avoir un impact négatif sur Israël notre allié».

En Israël, des diplomates et militaires, sous le couvert de l’anonymat, ne se privent pas de critiquer la «série d’erreurs historiques à répétition» qu’auraient commise les États-Unis «qui ne comprennent décidément rien à la région». En termes plus nuancés, Giora Eiland, un ancien directeur du Conseil de sécurité nationale israélien, reconnaît qu’Israël et les États-Unis «voient très différemment la situation en Égypte. Mais le premier ministre veut à juste titre éviter que des membres de son gouvernement critiquent publiquement la politique des États-Unis».

Israël redoute en fait d’avoir à payer le prix fort pour toute sanction américaine contre les généraux égyptiens. Une telle politique pourrait remettre en cause une étroite coopération entre militaires israéliens et égyptiens contre la guérilla des groupes djihadistes dans la péninsule du Sinaï, près de la frontière israélienne et contre les islamistes palestiniens du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza.

Pour les commentateurs israéliens, tout affaiblissement du poids politique de l’armée égyptienne ne peut que renforcer les Frères musulmans et contraindre à terme les militaires à donner «un os à ronger» aux manifestants, qui pourrait se traduire par une remise en cause du traité de paix conclu en 1979 entre Israël et l’Égypte.

Marc Henry – Source : Le Figaro.fr

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