Publié le 30 Juil 2013

Une faille juridique permet à quatre criminels nazis de vivre le rêve américain

Par Katty Scott

 

Une nouvelle enquête poussée de l’Associated Press sur les criminels de guerre nazis ayant fuit aux Etats-Unis, a permis de révéler au grand jour, l’existence d’une dizaine de cas d’officiers identifiés par la justice américaine et n’ayant jamais été réellement inquiétés. Quatre d’entre eux sont toujours vivants et ne sont pas près d’être expulsés.

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Le Bureau des Enquêtes Spéciales du Département de la Justice, créé en 1979 pour chasser les derniers Nazis, et qui a pourtant identifié ces criminels de guerre, n’a que très rarement réussit véritablement à les extrader, en raison du manque de volonté des pays européens de demander leur extraditions et d’accepter de les juger sur leur sol.

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En 34 ans d’existence, l’agence américaine a lancé des poursuites judiciaires contre 137 suspects, la moitié seulement d’entre eux ont été soit extradés, soit ils ont accepté un départ volontaire.

Au moins 20 seraient morts tandis que leurs dossiers étaient en attente. Dans au moins 20 autres cas, des responsables américains ont convenu de ne pas les poursuivre ou de ne pas faire respecter les arrêtés d’expulsion, souvent en raison de leur mauvaise santé, selon un rapport du ministère de la Justice en date de 2008. Dans certains cas, le gouvernement américain a accepté de fermer les yeux sur leur existence en échange de leur coopération dans d’autres enquêtes, selon le rapport.

Les quatre criminels toujours vivant aux États-Unis malgré les arrêtés d’expulsion, ont épuisé tous leurs appels mais ils ne risquent ni d’être jugés ou extradés et continuent de bénéficier de la sécurité sociale et des autres avantages de tout Américain, la faute à une faille du système juridique :

• Vladas Zajanckauskas, 97 ans, a participé à la liquidation du Ghetto de Varsovie, et réside toujours dans le Massachusetts, 11 ans après que les autorités aient commencé le processus de dénaturalisation. Du fait que la Lituanie refuse de l’extrader, il reste donc aux Etats-Unis.

• Theodor Szehinskyj, 89 ans, ancien officier gardien de camps de concentration en Allemagne et en Pologne, réside en Pennsylvanie. Près de 14 ans après que le ministère de la justice ait commencé une procédure contre lui, depuis 2006, il a épuisé tous les recours possibles. Il a été dénaturé et condamné à l’expulsion vers son Ukraine natale qui a refusé de l’extrader. Ni la Pologne ou l’Allemagne n’ont, à ce jour, souhaité l’extrader.

• Jakiw Palij, 89 ans, un ancien garde armé SS d’un camp de travail en Pologne, réside toujours à New York, et ce, 11 ans après que le ministère de la justice ait engagé une action contre lui et sept ans après qu’il ait épuisé tous les recours

• John Kalymon, 92 ans, ancien membre de la redoutée police ukrainienne auxiliaire des nazis à Lviv, réside toujours dans le Michigan malgré un processus judiciaire à son encontre depuis plus de neuf ans. Dans ce cas également, l’Ukraine, son pays d’origine, a refusé de l’extrader.

Mi-juin, l’Associated Press avait permis de révéler l’existence aux Etats-Unis d’un ancien haut commandant Nazi d’une unité SS ukrainienne, Michael Karkoc, retrouvé dans le Minnesota.

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