Publié le 25 Juil 2013

Rosalind Franklin, génie incompris réhabilitée par Google

 

La codécouvreuse de l’ADN s’est fait voler ses travaux et un prix Nobel. Un Doodle de Google entame sa réhabilitation. Portrait d’une scientifique oubliée.

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La France a Marie Curie qui découvrit le radium et le polonium au début du XXe siècle, avant de disparaître prématurément en juillet 1934 à la suite d’une exposition prolongée à des éléments radioactifs. La Marie Curie anglaise s’appelle Rosalind Franklin ! Cette biologiste moléculaire britannique participa à la découverte de la structure de l’ADN. En 1951, en poste au King’s College de Londres, elle applique la diffraction des rayons X à l’étude des matériaux biologiques. Elle réalise plusieurs radiographies aux rayons X de l’ADN, qui seront montrées à son insu à Maurice Wilkins et James Watson. Ces photographies sont déterminantes dans la découverte de la structure à double hélice de l’ADN par James Watson et Francis Crick en 1953. La découverte de la structure de l’ADN permet à Watson, Crick et Wilkins d’obtenir le prix Nobel de médecine en 1962. Malheureusement, la femme par qui tout arriva était décédée quatre ans plus tôt d’un cancer des ovaires, probablement causé par la surexposition aux radiations qu’elle utilisait pour faire ses remarquables clichés aux rayons X. Elle n’a pu partager cette prestigieuse distinction.

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Elle se fait voler sa découverte par trois hommes

Les trois découvreurs se sont bien gardés d’associer leur consoeur à leur gloire. Il faut dire que, pur produit à la fois de la haute bourgeoisie juive anglaise, intellectuelle et commerçante, et de l’université de Cambridge, Franklin avait tout pour énerver. Très douée et très brillante, elle avait la rigueur expérimentale chevillée au corps. Dotée d’un solide caractère et d’une honnêteté que rien ne pouvait prendre en défaut, elle préférait conserver dans ses archives ses découvertes et ses clichés plutôt que de se risquer à les communiquer. Elle ruina les recherches entreprises dans le laboratoire concurrent Cavendish à Cambridge par Watson et Cricks, dont elle n’avait pas compris, dans sa rigueur expérimentale, l’empressement à proposer un modèle théorique en trois dimensions de la structure de l’ADN. Elle n’avait alors pas encore saisi que la course à l’une des plus grandes découvertes du siècle était ouverte et qu’elle en détenait des éléments-clés. Ayant fait cause commune, les futurs nobélisés se procurent à l’insu de la jeune femme l’un de ses meilleurs clichés. Armé d’un rapport non publié dans lequel elle formule l’hypothèse de la fameuse structure hélicoïdale de l’ADN, le trio finalise le modèle et tire les marrons du feu grâce à une retentissante publication dans la revue Nature

Un Doodle pour la gloire

Dix ans après la mort de Rosalind Franklin, Watson obtient le “Nobel de la muflerie” en immortalisant, dans son best-seller La double hélice, la “terrible Rosie” sous les traits d’une harpie moche et incompétente. L’année dernière, à l’occasion des 50 ans de la découverte de la structure de l’ADN, le documentariste Gary Glassman écorne la légende en restituant à sa juste place l’oeuvre de Rosalind Franklin. La communauté scientifique anglaise ainsi que quelques mouvements féministes semblent décidés à la faire sortir de son relatif anonymat. Jeudi 25 juillet 2013, pour célébrer son anniversaire (elle était née le 25 juillet 1920 dans le quartier de Notting Hill à Londres), Google lui consacre l’un de ses célèbres Doodle afin d’attirer l’attention de ses centaines de millions d’utilisateurs à travers le monde sur ce génie incompris et spolié. La France n’est d’ailleurs pas étrangère à l’éclosion de ce talent méconnu. Rosalind Franklin travailla en France de 1947 à 1950 au Laboratoire central des services chimiques de l’État, où elle apprit les techniques de diffraction des rayons X.

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Mais la galanterie française n’est plus a vanter ! Marie Curie est entrée au Panthéon en 1995. Aujourd’hui encore elle est la seule femme à y être entrée pour ses mérites. Les historiens et les scientifiques lui ont rendu la place qu’elle méritait. Pour une fois, messieurs les Anglais, c’est nous qui avons tiré les premiers…

Source : Le Point. Fr

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