Publié le 31 Juil 2013

Lev Leviev, l’homme qui s’est fait voler 100 millions d’euros

Par Hayat Gazzane

 

Le vol de bijoux à Cannes met en lumière la maison Leviev, peu connue du grand public et propriété du controversé et très discret magnat israélien Lev Leviev.

 

En se faisant voler sa collection «Extraordinary Diamonds» au Carlton de Cannes, la maison Leviev a bénéficié d’une campagne publicitaire inattendue. Encore peu connue du grand public, cette marque de bijoux de luxe est aujourd’hui au centre de toutes les attentions.

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Alors qu’elle ne possède aucune boutique dans l’Hexagone, la marque Leviev était de passage à Cannes pour se faire connaître. Pour s’implanter en Europe, Leviev a en effet choisi Londres en 2006, avant de s’installer à New York, sur la célèbre Madison Avenue, à Dubaï et à Singapour. La maison Leviev se vante de commercialiser les pierres «parmi les plus exceptionnelles au monde», venues directement des mines de la société Lev Leviev Diamonds (LLD). Polies et taillées par les artisans de la maison, elles donnent naissance à des collections uniques, «des pièces qu’on ne trouve nulle part ailleurs», explique le groupe.

L’homme qui s’est dressé contre De Beers

Ce modèle de bijouterie complètement intégré (de l’extraction dans la mine à la vente en boutique) est le résultat du travail acharné de Lev Leviev, milliardaire israélien de 57 ans, né en Ouzbékistan et propriétaire de la totalité du capital de la maison de bijoux. Après avoir débuté comme simple tailleur de pierre à Tel-Aviv où sa famille avait immigré pour fuir l’oppression soviétique à l’égard des Juifs, il devient l’un des diamantaires les plus importants de cette place incontournable des diamants avec Anvers.

Lev Leviev entre rapidement dans le prestigieux club des «sightholders» de De Beers, ces diamantaires triés sur le volet par la toute puissante société qui maîtrise la production, les prix et la vente de la quasi-totalité des diamants depuis des décennies. Mais lassé de se voir imposer ses conditions de travail, Lev Leviev va oser, dans les années 1990, mettre à mal le monopole exclusif du géant sud-africain. Il bâtit son propre empire, en allant chercher ses diamants directement à la source. Grâce à de bonnes relations entretenues en ex-URSS, il met la main sur des tailleries de pierres, prend ensuite le contrôle des mines d’Angola, du Congo et de Namibie. Des possessions qui lui valent d’ailleurs les critiques de nombreuses ONG qui l’accusent d’avoir construit sa richesse sur les diamants de sang… Lev Leviev met en place la stratégie «de la mine à la maîtresse», soit le contrôle de l’ensemble de la filière. En quelques années, LLD devient un géant du secteur.

SI Lev Leviev amasse une fortune colossale dans les diamants, il veille également à se diversifier. En 1996, il rachète Africa Israël Investments, un holding qu’il transforme en conglomérat en investissant dans la chimie, les médias et l’immobilier. Aux États-Unis, il devient propriétaire, entre autres, de l’ancien immeuble du New York Times. Son holding sera frappé de plein fouet par la crise financière mondiale de 2008. Il affichait encore une perte d’un milliard de dollars l’an dernier. Après la crise, Lev Leviev a vu sa fortune personnelle fondre de 8 à 1,5 milliard de dollars selon le dernier classement Forbes .

Malgré ses difficultés, le businessman poursuit ses investissements, notamment en Israël où il est soupçonné de participer à la construction de logements dans les colonies de Cisjordanie via son entreprise. Très pratiquant – «dans les affaires, je n’ai jamais transigé sur mes principes religieux», aime-t-il répéter – il arrose de millions de dollars chaque année le mouvement religieux hassidique Loubavitch. À Londres, il mène une vie discrète avec sa femme Olga, qui lui a donné neuf enfants. Hormis l’achat de l’une des maisons les plus chères de la capitale anglaise en 2008 (53 millions d’euros), pas de fantaisies. Sauf l’achat en mai 2011 d’un diamant rose lors d’une enchère Sotheby’s pour 11 millions de dollars. Une pierre rare qui selon des rumeurs fait partie de la collection dérobée à Cannes…

Source : Le Figaro.fr

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