Publié le 10 Juil 2013

Au Liban, François Fillon rencontre le Hezbollah

Par Faouzi Ahmed

 

Au cours de sa dernière visite au Liban effectuée la semaine dernière, l’ancien Premier ministre français, François Fillon, a évoqué la situation interne libanaise et les dessous de l’intervention du Hezbollah en Syrie avec le responsable des relations internationales au Hezbollah Ammar Moussaoui.

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Fillon a abordé les différents dossiers qui suscitent les interrogations de la France dans la région. Il a émis des craintes quant à la montée de l’extrémisme en Syrie, phénomène qui menace la région voire l’Europe. Sur ce point, il a interrogé le responsable du Hezbollah sur les mesures que le mouvement chiite libanais adoptera pour remédier à ce problème.

Interrogé par le quotidien libanais L’Orient-Le Jour, il précise ne pas avoir évoqué avec le Hezbollah la possibilité qu’il soit inscrit sur la liste des organisations terroristes. Il se contente de préciser qu’au cours de l’entretien, le Hezbollah a expliqué qu’il était la dernière partie à participer au conflit syrien.

« J’estime que le rôle de la France est de chercher à faire cesser les combats. Pour cela, il faut favoriser les négociations et ne pas jeter des anathèmes » a-t-il déclaré.

De même qu’à la question de savoir si l’Iran doit participer aux négociations, François Fillon a déclaré : « La non-présence de l’Iran me paraît peu constructive. Je n’ai pas de leçon à donner, mais après avoir entendu tous mes interlocuteurs libanais, je crois que l’Iran ainsi que l’Arabie saoudite doivent pouvoir participer aux négociations ».

Le mouvement chiite libanais Hezbollah dont l’Union européenne envisage de mettre la branche armée sur la liste des organisations terroristes est déjà classé sur la liste noire de plusieurs pays :

– ISRAEL

En juin 1989, le gouvernement israélien décrète que le Hezbollah est désormais considéré comme une organisation terroriste. Farouche combattant d’Israël, le « parti de Dieu » a été créé à l’initiative des Pasdaran (corps des Gardes de la Révolution) iraniens en 1982 à Baalbeck (est du Liban), dans la foulée de l’invasion israélienne du Liban en 1978. Solidement implantée dès 1985 au Liban sud, sa branche militaire, la Résistance islamique, mène des attaques souvent meurtrières qui contraignent en 2000 l’Etat hébreu à évacuer le Liban après 22 ans d’occupation.

– ETATS-UNIS –

En octobre 1997, la secrétaire d’Etat américaine Madeleine Albright annonce que le Hezbollah figure parmi les 30 organisations désignées officiellement comme terroristes par le gouvernement. Bête noire des Etats-Unis, le Hezbollah a été montré du doigt notamment dans les enlèvements d’Américains et d’Européens au Liban dans les années 80.

– CANADA –

En décembre 2002, le gouvernement canadien ajoute le Hezbollah sur sa liste des organisations soupçonnées de terrorisme interdites au Canada.

Quiconque appartient ou soutient l’une de ces organisations est passible d’une peine de 10 ans de prison, indique le Solliciteur général (ministre de l’Intérieur) Wayne Easter.

Jusque-là, seule la branche armée du Hezbollah était interdite au Canada, ce qui permettait à la branche dite « caritative » du mouvement de poursuivre librement ses activités de financement.

– AUSTRALIE –

En 2003, les autorités australiennes inscrivent une branche du Hezbollah chargée de l' »organisation de (la) sécurité extérieure », dans sa liste de groupes terroristes.

– ROYAUME UNI –

En juillet 2008, le gouvernement britannique annonce qu’il ajoute la branche armée du Hezbollah à sa liste des organisations terroristes interdites, pour son soutien aux milices chiites en Irak et aux « groupes terroristes palestiniens dans les Territoires occupés, comme le Jihad islamique palestinien ». Le gouvernement britannique avait déjà classé en 2001 la branche de l' »organisation de sécurité extérieure » dans sa liste noire.

– PAYS-BAS –

Seul autre pays de l’Union européenne avec le Royaume-uni à classer le Hezbollah comme une organisation terroriste.

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