Publié le 17 Juin 2013

Spielberg, alarmiste, prédit «l’implosion» massive d’Hollywood

Par Déborah Partouche

 

L’avenir de l’industrie cinématographique américaine est digne d’un scénario catastrophe hollywoodien. C’est le message alarmiste que Steven Spielberg a voulu faire passer à des étudiants en cinéma lors d’une conférence organisée par l’USC School of Cinematic Arts de Los Angeles. Accompagné de George Lucas, il affirme que les films vont devenir une niche. «Tout ce qui les motive, c’est l’argent, a déclaré le réalisateur d’E.T. en parlant des studios. Mais une telle attitude ne peut pas marcher indéfiniment. Plus ils se focalisent sur le profit, plus les gens se lassent. Et le moment venu, ils ne sauront pas comment sortir de l’impasse.»

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Le cinéaste estime que de plus en plus de longs-métrages de divertissement sont en compétition pour se faire remarquer auprès des spectateurs. Les producteurs n’hésitent pas à dépenser 250 millions de dollars de budget pour une seule et même œuvre, plutôt que de produire plusieurs petits films d’auteur originaux et personnels. De plus en plus d’idées de jeunes réalisateurs «sont trop marginales pour Hollywood. C’est le grand danger et l’industrie du cinéma risque de s’effondrer», déplore Steven Spielberg. «Il y aura une implosion le jour où trois, quatre, voire une demi-douzaine de ces blockbusters au budget démesuré se crasheront au box-office. Le modèle que l’on a aujourd’hui va changer.»

Le prix des places de cinéma risque de fortement augmenter. «De moins en moins de films sortiront en salle et aller au cinéma coûtera 50 ou 100 dollars, un peu comme ce que vaut une place à Broadway », estime George Lucas. « Ce sera une grosse dépense et les films resteront à l’affiche pendant un an, comme les comédies musicales. Les longs-métrages importants seront sur grand écran. Tout le reste, les petites productions, finira sur le petit écran. C’est un peu ce qui se passe aujourd’hui», poursuit le réalisateur.

L’avenir du septième art, selon Lucas, réside dans la télévision et même la vidéo sur Internet. «La télévision est beaucoup plus audacieuse que le cinéma», clame-t-il. Et d’ajouter: «La question est: préférez-vous que les gens voient votre film ou voulez-vous qu’ils le voient sur grand écran?», a-t-il demandé aux étudiants avant d’évoquer les difficultés rencontrées pour voir Lincoln ou Red Tails diffuser dans les salles obscures. «On est quand même en train de parler de Steven Spielberg et George Lucas qui n’arrivent pas à faire sortir leurs films en salle!», s’est indigné Lucas. «J’ai tout de même eu plus de spectateurs pour Lincoln que toi pour Red Tails», a plaisanté Spielberg, apportant une touche d’humour à cette ambiance pessimiste.

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