Publié le 29 Juin 2013

Mandela à Gaza : “Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence”

Par Samuel Guedj

 

Alors que l’Afrique du Sud et le monde se préparent à la mort de l’ex-président de la République d’Afrique du Sud et héros de la lutte contre l’Apartheid, M. Nelson Mandela, la presse internationale semble atteinte d’une symptomatique cécité médiatique.

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Durant des décennies, le mouvement de libération nationale de Mandela, l’ANC, fut classifié en tant qu’organisation terroriste.

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Pendant la Guerre froide, les Etats-Unis considéraient en effet l’ANC comme une organisation communiste terroriste souhaitant briser le régime pro-occidental de l’Afrique du Sud. Depuis la législation introduite dans les années 80, sous Ronald Reagan, les membres de l’ANC pouvaient se rendre au siège des Nations unies à New York, mais pas à Washington ou dans le reste des Etats-Unis.

L’ANC, au pouvoir en Afrique du Sud depuis 1994 et l’abolition de l’Apartheid, n’a été retiré de la liste des organisations terroristes que seulement à partir de 2008.

Pour Nelson Mandela, le terrorisme et la violence, ont toujours été une “carte politique” pour les peuples luttant pour leur auto-détermination.

L’ANC et Nelson Mandela n’ont jamais condamné, a priori, la lutte armée dans le cadre des combats d’émancipation nationale. Justifiant ce point de vue, Mandela a ainsi écrit dans son autobiographie, Un long chemin vers la liberté, ce qui suit : “C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence. Dans notre cas, ce n’était qu’une forme de légitime défense”.

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Soutien notoire et indéfectible de la cause palestinienne, Nelson Mandela, lors de son voyage à Gaza en octobre 1999, a justifié ce recours à la violence, des déclarations passées sous silence par la presse occidentale et peu connues aujourd’hui encore.

Le 20 octobre 1999, devant le Conseil Législatif Palestinien (Parlement) à Gaza, Nelson Mandela, selon la dépêche de l’Associated Press publiée à l’époque, tout en affirmant “sa sympathie pour le point de vue israélien”, invoque à plusieurs reprises la similitude entre la lutte des Palestiniens et des Non-blancs en Afrique du Sud et se souvient de cette époque où l’ANC et l’OLP d’Arafat étaient considérés comme des parias par la communauté internationale, période durant laquelle des liens solides ont été forgés entre Palestiniens et Sud-Africains.

Devant le même Conseil Législatif Palestinien, il reprend alors ce dernier point : “Je leur ai dit qu’il ne sert à rien qu’Israël parle de paix tant qu’ils continueront à contrôler les territoires arabes qu’ils ont conquis durant la guerre de 1967”. Et de poursuivre en développant sa vision stratégique, expliquant notamment que la voie négociée et la paix doivent être la priorité, et qu’elles sont toujours préférables au conflit. Mais, ajoute-t-il alors, “il faut choisir la paix plutôt que la confrontation, sauf dans les cas où nous ne pouvons rien obtenir, ou nous ne pouvons pas continuer, ou nous ne pouvons pas aller de l’avant. Si la seule solution est la violence, alors nous utiliserons la violence.

Mandela peut et doit être critiqué, que l’on parle de ses choix politiques, économiques ou sociaux ou de son soutien à la cause palestinienne, mais il faut tout de même reconnaître que Mandela a toujours été, sur cette question du conflit israélo-palestinien, beaucoup plus en retrait que l’archevêque Desmond Tutu, qui depuis de longues années soutient avec rage la campagne internationale de boycott de l’État d’Israël, qu’il qualifie, à l’instar d’autres dirigeants sud-africains, d’État d’apartheid. Tel n’a jamais été le cas de Mandela, contrairement à ce qu’on peut lire ou entendre à ce sujet par la propagande pro-palestinienne.

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