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Publié le 15 Juin 2013

Les Tsiganes de Jérusalem : “Nous sommes plus proches des Juifs que des Arabes”

 

« S’il vous plaît, nous plaidons pour que vous nous aidiez, nous voulons être reconnus en tant que citoyens d’Israël » en ces mots sincères, Mukhtar Abed el-Hakim Salim, chef de la communauté gitane à Jérusalem, a fait appel au maire de Jérusalem, Nir Barkat. 

GYPSY AMOUN SLEEM SITS NEAR DOME OF THE ROOK IN JERUSALEM.

Pendant de longues années, personne ne s’intéressait à la communauté gitane à Jérusalem, mais Barkat a maintenant «adopté» la communauté, en la prenant sous son patronage, et a promis de faire de son mieux pour les aider à devenir des citoyens israéliens à part entière . « Nous sommes plus proches des Juifs que des Arabes » a dit Salim au quotidien israélien Maariv. « Nous aimons l’Etat d’Israël et à l’avenir, les membres de notre communauté peuvent même être considérés pour le service militaire ».

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La communauté gitane dans Jérusalem et ses environs compte environ quelques 2.000 personnes. La plupart des familles tsiganes vivent dans les quartiers de la Vieille Ville de Jérusalem, près de la Porte du Lion. Selon Salim, la communauté gitane a perdu certains de ses traits culturels caractéristiques sous l’influence des habitants palestiniens vivant à proximité. « Il n’y a pratiquement plus de membres de la communauté qui parle encore le dialecte tsigane», explique Salim. «Presque tous, entre eux, parlent l’arabe, et c’est dommage ».

L’histoire des Gitans est enveloppée de mystère. Il y aurait entre cinq à onze millions de Tsiganes dans le monde aujourd’hui. Selon des sources académiques, leur origine est principalement dans la région de l’Inde, et ils sont considérés comme le plus grand groupe de nomades dans le monde. Toutefois, dans les dernières décennies, la majorité d’entre eux se sont installés dans des sites résidentiels permanents, pour la plupart en Europe de l’Est et dans d’autres pays européens.

Pour ce qui est connu, les Tsiganes vivant en Israël ont leurs racines en Irak. En 1967, après la réunification de Jérusalem par Israël, la communauté gitane est devenue une enclave apatride dans la capitale israélienne. Alors que les Tsiganes détiennent un passeport jordanien et sont considérés comme résidents permanents en Israël, ils ne bénéficient d’aucun des privilèges des deux côtés, ce qui rend leur vie insupportable. «Nos enfants vont à l’école avec les enfants arabes, et sont exposés en permanence à des commentaires racistes. Ils sont snobés par leurs camarades de classe, ils les regardent mal et évitent leur compagnie», raconte Salim.

En fait, pendant de longues années, la communauté gitane à Jérusalem a été considérée comme la plus pauvre de la région et les Palestiniens les qualifient de «race inférieure». En raison de leur statut de citoyen non résolu, les Tsiganes ont à gagner leur vie en exerçant divers petits boulots, principalement les travaux de nettoyage, et beaucoup d’entre eux n’ont pas d’autre choix que d’aller mendier pour vivre.

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A Jérusalem-Est, la société palestinienne, qui a la charge des Tsiganes, les traitent avec dédain, et avec racisme. « Une fois, ma fille a rencontré un garçon palestinien » raconte Salim, elle voulait se marier avec lui et j’ai accepté, mais ensuite, elle est venue me voir un jour et m’a dit qu’elle avait changé d’avis et avait décidé de rompre avec lui parce qu’il la tournait en dérision en l’appelant sans arrêt « la gitane »et autrement se moquant méchamment de ses origines ».

C’est dans ce contexte que les services sociaux de la municipalité de Jérusalem sont entrés en scène, après avoir identifié les problèmes qui affligent les Tsiganes dans la ville. Assisté du guide touristique, Ofra Regev, qui a pris la communauté sous son aile et travaille pour le compte de ses membres par les services de la municipalité, divers projets éducatifs ont été initiés. Désormais, un certain nombre d’enfants de la communauté ont été inscrits dans les écoles de Jérusalem-Est et sont entrain de faire leurs premiers pas vers une intégration totale sous la supervision étroite de Regev.

Plusieurs réunions communautaires ont eu lieu et par la suite, plusieurs des enfants de la communauté ont rejoint entre autre, les programmes d’éducation musicale parrainés par la municipalité.

«Ma fille est le seul membre de la communauté qui a été admise au barreau d’avocat» dit fièrement Salim. « J’espère que la coopération avec le maire, que je tiens en haute estime, sera exploitée et que, finalement, nous allons devenir des citoyens à part entière dans l’Etat d’Israël, nous n’avons pas d’autre endroit pour vivre ».

La municipalité de Jérusalem a d’autres plans pour l’intégration des Tsiganes dans la société israélienne. Ainsi, ont déjà commencé, des cours de langue hébraïque pour les enfants de la communauté.

«La municipalité respecte et apprécie la communauté gitane et ses dirigeants et agit main dans la main avec eux pour le bénéfice de tous les membres de la communauté», a déclaré le maire Barkat. « Il s’agit d’une communauté ethnique unique qui contribue à la richesse de la vie culturelle et sociale de la ville, et je me réjouis de l’amélioration remarquable de la qualité de la vie de la communauté depuis les deux dernières années, réalisée grâce aux efforts intenses déployés par la municipalité de Jérusalem ».

Auteur : Yossi Eli pour Maariv – traduction lemondejuif.info

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