Publié le 14 Mai 2013

Vers une « guerre des pierres » entre archéologues et les « Femmes du Mur »

Par Eric Hazan

 

Nathan Sharansky pensait avoir trouvé la solution miracle pour régler les tensions au Kotel (Mur occidental) entre les Juifs orthodoxes et les « Femmes du Mur » en proposant l’aménagement d’un espace de prière au sud du Mur Occidental, au niveau du Parc archéologique de Jérusalem et de l’arche de Robinson. Seulement voilà, ce projet est à présent sous le feu des critiques des archéologues israéliens.

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Selon les premiers plans établis, ce projet prévoit la construction d’un pont en bois énorme qui couvrirait les 500 mètres carrés de la zone et serait suspendu de sept à huit mètres du sol par des poutres en acier pour créer un espace supplémentaire pour le culte.

Les archéologues israéliens soutenus par l’Autorité des antiquités israéliennes sont catégoriquement hostiles à ce projet, qui, selon eux, menace de modifier l’équilibre historique entre la section religieuse et celle des recherches scientifico-archéologiques de la partie touristique du mur.

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L’arche de Robinson fait partie des rénovations du second Temple par Hérode. Elle permettait un accès à l’esplanade du Temple par la rue de la Vallée du Tyropéon. Cette arche devait avoir des marches d’une largeur de 15 mètres et permettait de franchir une dénivellation de 17 mètres pour accéder au Temple. L’arche a été détruite en 70 soit par les Romains, soit par un groupe de zélotes voulant empêcher les Romains d’avoir accès au Temple. Il ne reste que la base de l’arche et quelques pierres encore attachées au mur, là où l’arche s’y connectait.

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En 2003, suite à une décision de la Haute Cour de Justice israélienne ordonnant qu’un espace de prière dans la partie sud du Kotel soit mis à la disposition des femmes religieuses libérales, un petit pont a été construit ainsi, au-dessus des pierres datant de la destruction du Temple, qui permet aux femmes d’atteindre cette partie du Mur occidental lui-même. Le pont a guère été utilisé, cependant, « les Femmes du Mur » ont avancé qu’il était impraticable et inaccessible. Mais en attendant, le parc national était devenu un haut lieu de culte pour les rassemblements religieux des Juifs réformistes.

Aujourd’hui, outre la construction d’un pont en bois énorme qui couvrirait les 500 mètres carrés de la zone, un chemin d’accès doit être construit à partir de l’Esplanade, afin que tous les fidèles, sans exception, entrent par la même porte, principalement pour des raisons sécuritaires.

Sharansky veut créer deux niveaux dans le parc − un niveau inférieur, où les touristes et les amateurs d’archéologie pourraient se promener, alors qu’au-dessus d’eux, se trouveraient les religieuses juives libérales.

« C’est tout simplement de la folie » pour le professeur Yoram Tsafrir, un archéologue de l’Université hébraïque. « Les Femmes du Mur ne doivent pas accepter cela. Même si c’est leur victoire, c’est une honte » a-t-il déclaré.

Pour Yuval Baruch de l’Autorité des antiquités israéliennes « Le public doit comprendre que le rôle de ce lieu n’est pas de résoudre les problèmes pour l’instant, mais plutôt de préserver ces lieux chargés d’histoires pour les générations futures » a-t-il déclaré devant la Commission de la Knesset.

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