Publié le 14 Mai 2013

Russie : Netanyahu déterminé à empêcher des livraisons d’armes sophistiquées

Par Serge Dahan

 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président russe Vladimir Poutine se sont entretenus mardi à Sotchi (sud), du conflit en Syrie, après la confirmation par Moscou de son intention de livrer des missiles sol-air S-300 promis au régime de Damas.

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Selon les médias israéliens, la visite de M. Netanyahu a plus particulièrement pour objet la livraison prévue à la Syrie des systèmes S-300, des armes sophistiquées capables d’intercepter en vol, avions ou missiles guidés, un équivalent russe des Patriot américains.

Un membre du gouvernement israélien a souligné dimanche que M. Netanyahu était « tout à fait déterminé » à empêcher ces livraisons.

L’installation d’un tel système de défense sol-air compliquerait tout projet des États-Unis ou de leurs alliés de procéder à des frappes aériennes, d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie ou d’intervenir pour sécuriser ou démanteler des armes chimiques.

L’information avait été donnée dans la presse américaine quelques jours après qu’Israël avait bombardé des cibles proches de Damas, selon un responsable israélien, pour empêcher le transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah libanais allié du régime de Bachar al-Assad.

Les dirigeants russes ont confirmé vendredi la perspective de ces livraisons, trois jours à peine après avoir reçu le secrétaire d’Etat américain John Kerry et donné des espoirs d’une solution négociée.

Moscou et Washington ont ensemble appelé à l’organisation d’une nouvelle conférence internationale pour amener le régime syrien et l’opposition à trouver une solution politique.

Vendredi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a indiqué que Moscou s’apprêtait à « finaliser » ces livraisons.

Selon le quotidien Kommersant, M. Poutine a confirmé au Premier ministre britannique David Cameron, qui s’est lui aussi rendu en Russie pour parler de la Syrie, que Moscou avait bien l’intention de livrer ces systèmes à Damas.

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Les experts militaires étaient partagés lundi sur les effets de cette menace russe, et sur sa mise en œuvre.

« Dans la logique des choses, après deux frappes de l’armée de l’air israélienne en Syrie, Netanyahu va avoir du mal à dissuader le président russe de livrer des armes de défense », a estimé Boris Dolgov, de l’Institut russe des études orientales.

Mais pour Viktor Kremeniouk, de l’Institut USA-Canada de Moscou, Benjamin Netanyahu, en soulevant la question des missiles, « avertit indirectement qu’Israël détruira ces S-300 quand ils seront livrés ».

En définitive, pour Igor Korotchenko, du Centre d’analyse du marché mondial des armes, « la question de savoir si la Russie va honorer son contrat de livraison reste ouverte ».

Si l’option diplomatique échoue, avant d’éventuelles attaques israéliennes sur les armes russes livrées à la Syrie, Israël pourrait envisager de les intercepter ou de saboter ces livraisons.

En 2009, Israël, sans le confirmer ou le démentir, aurait intercepté un cargo russe, l’ « Artic Sea », contenant une cargaison clandestine d’armes sophistiquées destinées à la Syrie ou à l’Iran. Le cargo russe avait disparu entre le 28 juillet et le 16 août 2009 dans l’Atlantique-Nord.

Le contrat « problématique » pour Israël et la communauté internationale, au cœur des inquiétudes aujourd’hui est un marché conclu en 2010 pour la livraison de quatre batteries de missiles S-300, comprenant six rampes de tir et 144 missiles d’une portée de 200 kilomètres, pour un montant de 900 millions de dollars, d’après des informations de source israélienne du Wall Street Journal.
Après son passage à Moscou, John Kerry avait mis en garde contre une livraison « potentiellement déstabilisante » pour la région.

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