Publié le 5 Avr 2013

Une tenue de déporté retirée des enchères à Drouot

A quelques jours des commémorations de Yom Ha Shoah, c’est une vente aux enchères scandaleuse que nous rapporte Le nouvel Observateur. Des élus communistes du Conseil de Paris ont demandé le retrait de la vente d’une tenue de déporté, évoquant une « marchandisation de la mémoire ».

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Le groupe des élus communistes et du parti de gauche au Conseil de Paris ont demandé, jeudi 4 avril, le retrait de la mise en vente aux enchères d’une tenue de prisonnier d’un camp de concentration allemand à l’Hôtel Drouot dans le 9e arrondissement de Paris. Avec succès : en fin d’après-midi, le lot a été supprimé du catalogue.

Les enchères du 9 avril prochain sont dédiées aux affiches politiques et historiques. Mais le lot 900 du catalogue a choqué : il s’agit d’une tenue de déporté politique allemand. Pour Ian Brossat, président du groupe PCF/PG, et Catherine Vieu-Charier, élue du 12e arrondissement chargée de la mémoire et du monde combattant, « la maison de vente parisienne n’a pas hésité à franchir une nouvelle étape dans la marchandisation de la mémoire ». Ils évoquent une « banalisation intolérable ».

« Je trouve scandaleux d’avoir eu cette idée, toutes les limites ont été franchies » explique Ian Brossat au Nouvel Observateur, s’indignant de la mise en vente « d’une tenue qui renvoie à la douleur et à la souffrance partagées par des millions d’individus ». « L’idée de cette enchère est que tout peut se vendre, y compris une tenue de déporté », poursuit-il.

Contacté par téléphone, Olivier Collin, commissaire-priseur de la vente aux enchères pour la Maison Delorme Collin du Bocage confirme « le retrait effectif ce jour du lot 900 » en question, tout en affirmant « qu’il ignorait l’existence du communiqué des élus communistes ». « J’ai appelé le vendeur, fils du prisonnier qui portait cette tenue, et lui ai dit qu’il n’y avait pas d’intérêt particulier à mettre en ventre un lot potentiellement polémique », explique-t-il.

Olivier Collin se défend toutefois d’une quelconque « marchandisation de la mémoire » évoquée par les élus du Conseil de Paris. « La loi ne s’oppose pas à une telle vente », se défend-il, ajoutant « qu’il n’aurait jamais choisi de vendre ce lot s’il avait été lié à la Shoah, ce qui n’est pas le cas puisqu’il appartenait à un déporté politique allemand ».

Le commissaire-priseur rappelle aussi que la vente est « essentiellement destinée aux archives nationales puisque 80% des acheteurs potentiels sont des institutions comme des conseils régionaux ou des mairies. Cette tenue aurait donc eu vocation à retourner dans un musée ».

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