Publié le 30 Avr 2013

Les pays arabes prêts à assouplir leur offre de paix au Proche-Orient

Par Serge Dahan

 

Les pays arabes ont donné un signe d’assouplissement de leur initiative de paix au Proche-Orient, le Premier ministre du Qatar évoquant un échange de territoires entre Israël et les Palestiniens au lieu du retour strict aux frontières de 1967 que la Ligue arabe réclamait jusqu’alors. 

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Cheikh Hamad bin Jassim al-Thani a fait cette déclaration lundi soir à Washington, à l’issue d’une réunion entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et des ministres et responsables des principaux pays arabes du Proche-Orient.

Les Etats-Unis, qui aimeraient relancer un processus de paix israélo-palestinien au point mort depuis 2010, voulaient s’assurer qu’une telle initiative bénéficierait du soutien des pays de la région, ce qui pourrait, espèrent-ils, inciter Israël au compromis.

Le dirigeant qatari s’est exprimé à l’issue de la rencontre au nom de la Ligue arabe. Il a évoqué explicitement la possibilité d’un échange de territoires, mesure jugée inévitable pour parvenir à un accord de paix, mais que les pays arabes se refusaient jusqu’à présent à endosser pour ne pas légitimer la colonisation israélienne.

« La délégation de la Ligue arabe a soutenu qu’un accord devrait être basé sur la solution de deux Etats sur les frontières du 4 juin 1967, avec (la possibilité) d’un échange limité et comparable de territoires », a dit le Cheikh Hamad al-Thani, qui est à la fois Premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar. « La Ligue arabe sait que la paix entre les Palestiniens et les Israéliens est (…) un choix stratégique pour les Etats arabes », a-t-il ajouté.

Israël s’est félicité de la nouvelle position des pays arabes sur les frontières.

Outre le Cheikh Hamad, John Kerry s’est entretenu à Blair House, la résidence où le président américain reçoit ses invités, avec le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki, son homologue égyptien Mohammed Amr, le chef de la diplomatie de Bahreïn, cheikh Khaled Al-Khalifa, ainsi que des ministres saoudien, jordanien et libanais.

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Il les a encouragés à relancer l’initiative de paix formulée par la Ligue arabe en 2002 à Ryad. « J’ai souligné le rôle très important de la Ligue arabe pour apporter la paix au Proche-Orient, notamment en insistant de nouveau sur l’initiative arabe de paix », a déclaré John Kerry à l’issue de la réunion, à laquelle le vice-président Joe Biden a partiellement assisté.

Le plan d’inspiration saoudienne prévoit une normalisation des relations entre les pays arabes et Israël en échange du retrait israélien des territoires disputés depuis juin 1967, la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale et un règlement « équitable et agréé » de la question des réfugiés palestiniens sur la base de la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU. Ce plan avait été présenté lors du sommet arabe de Beyrouth en 2002 puis relancé en mars 2007 au sommet de Ryad.

Israël a relevé des « aspects positifs » dans cette initiative mais ne l’a pas formellement acceptée, principalement en raison de la mention faite au droit au retour des réfugiés palestiniens.

M. Kerry a également « réaffirmé l’engagement des Etats-Unis à mettre un terme au conflit en se fondant sur la vision du président (Barack) Obama : deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité grâce à des négociations directes entre les parties ».

Les Etats-Unis et la délégation arabe sont convenus de se revoir « régulièrement », a dit le ministre américain.

En poste depuis le 1er février, le chef de la diplomatie américaine s’est déjà rendu à trois reprises au Proche-Orient et a rencontré plusieurs fois bon nombre d’acteurs de la région pour tenter de raviver le processus de paix moribond depuis septembre 2010. Il avait a déjà exprimé son intérêt pour l’initiative de paix saoudienne datant de 2002 et endossée par la Ligue arabe. M. Kerry avait affirmé début avril en Israël et dans les Territoires palestiniens que la paix était « possible » en respectant les « besoins de sécurité d’Israël » et « les aspirations à un Etat » des Palestiniens.

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