Publié le 5 Avr 2013

Les milices pro-Assad formés en Iran comme les combattants du Hezbollah selon le chef des renseignements israéliens

Par Robert Langlois

 

Selon des informations du journal libanais L’Orient Le Jour, le chef des renseignements israéliens et un diplomate occidental estiment que l’Iran contribue à l’entraînement d’au moins 50 000 personnes et vise un objectif de 100 000.

ASSAD-ROS

Mais, ils n’indiquent pas où se déroule cette formation. Côté iranien, les responsables du gouvernement ont démenti à plusieurs reprises toute implication militaire dans le conflit syrien, affirmant ne fournir qu’une aide humanitaire et un soutien politique à M. Assad. Quant au gouvernement syrien, il dément lui aussi. « Nous formons nos propres forces spéciales pour ce type de combat. Depuis 2006, nous avons des unités formées à la guérilla. Pourquoi aurions-nous besoin d’envoyer des gens en Iran ?  » dit-on de source proche des services de sécurité.

Le gouvernement syrien envoie des membres de ses milices se former aux techniques de la guérilla dans une base secrète en Iran afin de renforcer son armée affaiblie par deux années de combats et de défections. Quatre miliciens ont ainsi raconté avoir suivi cet entraînement près de Téhéran et des opposants disent aussi avoir réuni des éléments sur cette filière.

« C’est une formation à la guérilla urbaine qui dure quinze jours. Les formateurs disent que c’est le même entraînement que celui des combattants du Hezbollah », raconte Samer, membre chrétien d’une milice pro-Assad qui combat dans la campagne autour de Homs, dans le centre de la Syrie. « On enseigne les éléments importants de la guérilla, comme différentes manières de tenir un fusil et de tirer, et les méthodes pour se préparer contre des attaques surprises ».

L’entraînement de miliciens syriens en Iran reflète la régionalisation croissante du conflit syrien, bien au-delà de la bataille pour le pouvoir que se livrent le clan Assad et l’opposition. L’Iran, rival chiite des monarchies sunnites du Golfe qui soutiennent la rébellion, considère la Syrie comme un pilier de son influence régionale. C’est par son territoire que transite l’aide iranienne au Hezbollah. Les combattants concernés semblent venir surtout des minorités religieuses qui soutiennent M. Assad contre un soulèvement majoritairement sunnite, ce qui pourrait encore exacerber la dimension religieuse du conflit. Selon ces combattants interrogés à Homs, la plupart des miliciens qui suivent cet entraînement sont des alaouites. On compte aussi des Druzes et des Chrétiens.

« Les Iraniens nous répétaient que ce n’est pas une guerre contre les sunnites, mais pour le bien de la Syrie. Mais les alaouites qui étaient avec nous continuaient à dire qu’ils voulaient tuer les sunnites et violer leurs femmes en représailles », ajoute Samer. Les habitants des zones contrôlées par l’armée où les milices pro-gouvernementales en Syrie ont noté que, les forces irrégulières avaient été « régularisées » ces derniers mois. Ces groupes se baptisent désormais « Armée de défense nationale » et semblent opérer parallèlement à l’armée.

Depuis les premières manifestations pacifiques de mars 2011, les forces de sécurité ont mis sur pied des « comités populaires » chargés de rondes dans les quartiers, devenus ensuite des « chabbiha ». Selon certains de ces miliciens, l’Iran soutient déjà les « chabbiha » en territoire syrien, mais le fait que la République islamique prenne en charge des combattants sur son territoire reflète une méfiance croissante entre Téhéran et l’armée syrienne.

Nabil, un combattant chrétien, raconte que les instructeurs iraniens leur ont fait la leçon sur le pillage, un crime largement perpétré par les combattants des deux bords. « Dès notre premier jour d’entraînement, l’officier iranien chargé de notre formation nous a dit : Je sais parfaitement ce qui se passe en Syrie et je veux vous dire une chose : Si vous rejoignez l’armée de défense nationale pour piller et pas pour défendre votre pays, vous mourrez d’une mort atroce et irez en enfer ».

Les miliciens interrogés disent avoir été divisés par groupes, certains formés au maniement des fusils d’assaut et aux canons antiaériens, d’autres comme tireurs embusqués.

Ces groupes ont tous été acheminés par avion de l’aéroport de Lattaquié, fief du clan alaouite sur la côte méditerranéenne, à l’aéroport international de Téhéran, puis conduits en autocar vers un endroit tenu secret. « Dès qu’on est arrivé, on a été mis dans des bus avec les fenêtres couvertes par des rideaux qu’on n’avait pas le droit d’ouvrir, dit Samer. On a roulé pendant une heure et demie environ avant d’atteindre le camp. C’était direct de l’aéroport au camp. On n’a rien vu d’autre que le camp».

Ces quatre combattants, venus de différentes villes et différentes milices, ont séparément décrit la même expérience. Ils étaient généralement regroupés par unités de soixante. « Il y avait des groupes du Hezbollah qui s’entraînaient sur la même base, mais il n’y avait pas de communication avec nous. (…) Je pense que leur entraînement était plus dur que le nôtre », déclare Samir. Les combattants jugent avoir plus appris qu’en Syrie.

« Avant, je touchais mes cibles une fois sur deux, maintenant je peux toucher une cible 90 fois sur 100 », explique Samer. « En Syrie, la priorité était de défendre l’endroit où nous étions, quelqu’en soit le prix. En Iran, ils nous ont dit de sauver nos vies. Si vous perdez votre position mais que vous survivez, vous pouvez contre-attaquer et reprendre le site le lendemain».

 

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