Publié le 16 Avr 2013

Attentat du Marathon de Boston : complément d’enquête

Par Samuel Guedj

 

Deux bombes qui ont explosé quasi simultanément lundi au marathon de Boston, sur la côte Est des Etats-Unis, ont fait trois morts et une centaine de blessés, selon le dernier bilan des autorités américaines.

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Ces explosions, survenues à quelques secondes d’intervalle sur la ligne d’arrivée de la course, attirant des dizaines de milliers de spectateurs, constituent le plus grave attentat sur le sol américain depuis le renforcement de la sécurité, consécutif aux attaques du 11 septembre 2001.

Mardi matin, tout en interrogeant des témoins et poursuivant la collecte de photos prises par les spectateurs, les officiers de police et de sécurité de Boston ont annoncé qu’ils recherchaient deux suspects : l’un a été décrit comme ayant le teint hâlé, parlant avec un accent étranger, son visage partiellement caché par une cagoule, portant un gros sac à dos et qui avait essayé d’entrer dans une section fermée au public, près de la ligne d’arrivée.

548905_559794024042658_2087563580_nLe deuxième homme a été photographié par un spectateur marchant sur un toit surplombant la ligne d’arrivée après que la deuxième bombe ait explosé.

Après la première explosion, la police a désamorcé trois engins explosifs abandonnés près de la fin de la course. Au moins un des dispositifs était létal.

Mardi, le FBI a admis qu’« une enquête terroriste potentielle » était en cours, bien que le Président Barack Obama, lorsqu’il s’est engagé à trainer devant la justice « les auteurs », a évité soigneusement le terme de « terreur ». Cela rappelle le refus de son administration de reconnaître comme un acte terroriste, l’attaque contre le consulat américain à Benghazi le 11 septembre 2012 et l’assassinat de l’Ambassadeur Chris Stevens, bien que ce fût clairement le travail d‘Al-Qaïda.

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Les spécialistes de la lutte contre le terrorisme sont également certains des caractéristiques terroristes de type moyen-Oriental sur les attentats du Marathon de Boston, bien qu’il soit trop tôt pour déterminer si c’est le travail d‘Al Qaïda ou d’un groupe de djihadistes radicaux allié comme l‘Ansar al-charia, qui était chargé de l’attaque du consulat de Benghazi en collaboration avec un centre de commandement d‘Al-Qaïda clandestin au Caire.

Les deux explosions à 400 mètres de distance, étaient manifestement coordonnées et destinées à provoquer des pertes maximales. Les roulements à billes éparpillés sur les lieux du crime et trouvés sur plusieurs des victimes étaient semblables à ceux trouvés sur les victimes israéliennes et peuvent accréditer la thèse d’un acte terroriste du Moyen-Orient.

L’engin explosif qui a causé de lourd dégâts matériels et humains était petit mais mortel, un autre indice du « professionnalisme » des terroristes. Un dispositif similaire avait été découvert à temps, trois ans auparavant, dans une voiture bombe garée au Times Square de New York et laissée là par l’étudiant pakistanais Faisal Shahzad.

Contrairement au Président, le sénateur Dianne Feinstein, présidente de la Commission de renseignement du Sénat, n’a eu aucun scrupule à mettre en mots la suspicion générale. Juste après l’événement, elle a déclaré : « je crois comprendre, c’est que c’est un acte terroriste, même s’il est trop tôt pour déterminer s’il a été orchestré par un élément étranger ou national ».

La suspicion d’une main étrangère a été renforcée par les médias américains lorsqu’a été rapporté qu’un ressortissant saoudien souffrant de brûlures graves a été interrogé à l’hôpital. Le service de Police de Boston a démenti l’information et le FBI, désormais chargé de l’affaire, a déclaré que personne n’a, jusqu’à présent, été mise en garde à vue. Cependant, ils n’ont pas nié qu’ils aient interrogé les « personnes d’intérêt ».

La première réaction aux explosions de Boston est venue du Moyen Orient, de Mohammad al-Chalabi, le chef d’un groupe extrémiste de salafistes musulmans jordaniens, déclarant être « heureux de voir l’horreur en Amérique (…) Le sang américain n’est pas plus précieux que le sang musulman ». Ajoutant : « Que les Américains sentent la douleur que nous avons enduré par leurs armées occupant l’Irak et l’Afghanistan et massacrant nos peuples ».

Un officiel de la lutte contre le terrorisme du Moyen-Orient basé en Jordanie, a déclaré que les explosions « est la marque distinctive d’un groupe terroriste organisé, comme Al-Qaida ».

Le FBI n’exclut aucune piste.

Cependant, celle d’un acte terroriste d’une milice de l’extrême droite américaine semble toutefois la plus probable.

Les «bombes artisanales» utilisées à Boston évoquent aussi celles qui ont explosé durant un autre événement sportif, les JO d’Atlanta de 1996, dans le parc du Centenaire, au beau milieu du village Olympique, faisant deux morts, et plus d’une centaine de blessés. Pour cet attentat, Eric Rudolph, un proche des milices hostiles au gouvernement fédéral fut arrêté et condamné à perpétuité en 2005. On n’oubliera pas non plus l’attentat, le 19 avril 1995, d’un bâtiment fédéral à Oklahoma City, qui fit 168 morts.

Depuis plusieurs semaines, les militants du Militia Movement menace sur les réseaux sociaux de passer à l’acte, en particulier d’assassiner Obama le 19 avril prochain. Le débat politique intérieur américain sur la réglementation des ventes d’armes serait un mobile très sérieux motivant leur passage à l’acte.

Enfin, il n’est pas à exclure une troisième piste ; celle d’un acte terroriste commandité et financé par une organisation terroriste islamiste et exécuté par une milice d’extrême droite américaine.

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