Publié le 13 Mar 2013

« Statut demandeurs d’asile » Entre justice et morale : le véritable dilemme de l’Etat Juif

Par Samuel Guedj – lemondejuif.info

 

La Haute Cour de justice israélienne a ordonné à l’État de justifier l’emprisonnement de nombreux demandeurs d’asiles du Soudan et d’Érythrée arrivés en Israël par l’Egypte. 

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En octobre dernier, des organisations non gouvernementales en Israël ont lancé une pétition pour annuler l’amendement relatif aux infiltrations en Israël par des demandeurs d’asile a été présentée à la Cour Suprême.

Depuis plus de 7 ans, de nombreuses ONG se battent pour obtenir la libération de ces prisonniers arguant que la détention de réfugiés dans des cellules en compagnie de criminels était interdite par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), et que leur détention n’était pas justifiée, étant donné que ces réfugiés ne peuvent pas être renvoyés en Egypte ni au Soudan.

Des 2005, les Soudanais avaient commencé à traverser la frontière israélo-égyptienne après la sanglante répression et leur massacre au Mustafa Mahmud Park du Caire. Ce 13 mars, la Haute Cour, dirigée par Asher Grunis émettra un jugement conditionnel pour essayer d’annuler l’amendement.

L’amendement sur l’infiltration, qui a pris effet l’année dernière, permet d’arrêter les demandeurs d’asile entrés en Israël à travers le Sinaï sans jugement pour une période d’au moins trois ans.

Aujourd’hui, environ deux mille personnes entrées en Israël ces derniers mois sont emprisonnées suite à cet amendement. La grande majorité des détenus sont des citoyens de l’Érythrée et du Soudan, et le gouvernement lui-même, ne peut les expulser en raison de la menace mortelle qui pèse sur eux s’ils retournaient dans leur pays d’origine.

La pétition fait valoir que les lois israéliennes et internationales interdisent la détention des immigrants, parce que la détention des demandeurs d’asile qui fuient pour sauver leur vie et ont vécu dans les camps de torture dans le Sinaï aggravent la santé des détenus , et que si cette application est de les décourager à venir en Israël, ce ne peut être un but légitime.

L ‘Etat a admis que, jusqu’à présent, plus de la moitié des détenus avait demandé l’asile. Cependant, l’État continue d’affirmer que ce ne sont pas des réfugiés, mais a également reconnu que les migrants de retour en Erythrée sont en réel danger. Le Soudan a massacré des centaines de milliers de personnes au cours de la dernière décennie.

L’Etat a fait valoir que dans l’ensemble, il est difficile de modifier cette loi des demandeurs d’asile, car Israël n’a pas de relations diplomatiques avec le Soudan.

Et, la détermination du statut de réfugiés en Israël est sous la seule responsabilité de l’État.

Israël a signé et ratifié la Convention Internationale de 1951 relative au statut des refugies et le protocole de 1967 relatif au statut des réfugiés et est aussi signataire d’autres conventions qui reconnaissent les droits humains bien qu’Israël n’a pas de législation spécifique définissant les droits des refugiés et leurs statuts.

Néanmoins, Israël protège des milliers de demandeurs d’asile persécutés dans leur pays d’origine.

Le récent amendement permet d’emprisonner des innocents dont le seul crime est de vouloir sauver leur vie.

Entre le droit international qui spécifie bien qu’il est impossible d’accueillir des demandeurs d’asile d’un pays qui n’a aucun lien diplomatique avec le pays auquel ils en font la demande et le code moral juif, l’Etat d’Israël est confronté à un véritable dilemme.

 

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