Publié le 7 Mar 2013

Quel avenir pour les Juifs du Venezuela ?

Par Samuel Guedj – lemondejuif.info

 

La communauté juive vénézuélienne en Israël redoute que les Juifs du Venezuela soient plus férocement persécutés après la mort du dictateur. « Il n’y a aucune lumière au bout du tunnel après la mort de Chavez » a déclaré le représentant de cette communauté.

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Le Venezuela est encore en deuil de la mort du Président Hugo Chavez mais les expatriés juifs du Venezuela en Israël s’interrogent déjà sur l’avenir des Juifs après Chavez.

Les persécutions contre la communauté juive ont explosé depuis l’arrivée de Chavez au pouvoir et se sont intensifiées après la fermeture de l’ambassade d’Israël au cours de l’Opération « Plomb durci » avec, pour conséquence, une immigration d’une grande partie de ses membres vers les pays hispanophones, les Etats-Unis et Israël.

La communauté juive comptait jusqu’à 25 000 Juifs en 1998, aujourd’hui, ils ne sont plus que 8000, habitant en grande majorité à Caracas.

Aujourd’hui, Israël abrite 1500 Juifs vénézuéliens qui résident principalement dans les villes de Kfar Saba, Raanana, Shoham et Herzliya.

« Le règne de Chavez a vu un phénomène nouveau de xénophobie et de haine d’Israël » dit Sheryl Camper, qui a fait l’aliyah en 1993.

Selon Sheryl : « L’hostilité envers Israël a provoqué un effet majeur sur la communauté, et beaucoup de Juifs ont choisi d’émigrer. Sans l’ambassade d’Israël, les Juifs se sont sentis encore plus vulnérables ».

Même maintenant, elle a peu d’espoir que la situation ne s’améliore : « C’est évident pour tout le monde que même dans le meilleur des cas, la réhabilitation et le renouvellement des liens prendront un certain temps. ».

Le président de l’Agence Juive pour l’Amérique latine, Leon Amiras, a également déclaré que les Juifs, restés dans le pays, partagent ce même sentiment.

« J’ai été surpris d’entendre des conversations avec plusieurs personnalités de la communauté, et ils ne pensent pas qu’avec la mort de Chavez, la lumière soit au bout du tunnel » a-t-il déclaré.

« Chavez était un dictateur et même s’il est parti, son parti se maintiendra toujours au pouvoir, puisqu’il contrôle toutes les autorités et l’armée, donc les chances de changement sont minces ».

Selon Amiras, l’opposition vénézuélienne a subi sa propre crise et elle est peu susceptible de constituer une menace pour le gouvernement sortant.

« Nous estimons que la situation de la communauté ne s’améliorera pas prochainement » a-t-il ajouté.

« Bon maintenant les hommes de Chavez doivent faire face à la pauvreté, l’économie s’est effondrée, le système et l’enseignement sont en ruine, sans parler des extrémistes que Chavez savait contrôler et qui déclencheront désormais leurs attaques à nouveau. ».

Certains sont plus optimistes sur la capacité de changement du Venezuela. « C’est vraiment un nouveau départ » s’est exclamé Leon Markovich, 24 ans, vivant à Tel Aviv et qui a quitté son pays natal il y a seulement sept mois.

« Nous sommes heureux, pas à propos de la mort de Chavez, mais sur les possibilités futures pour le Venezuela. Si je peux être autorisé à rêver, j’espère que tout ira bien et que les Vénézuéliens ont appris du passé et que maintenant, nous pouvons, tous ensemble, bâtir le pays » a-t-il déclaré.

Néanmoins, il est bien conscient de la situation difficile actuelle et que la route sera peut être longue.

« Chavez a été un grand leader et beaucoup ont vu en lui comme quelque chose d’un Messie » a expliqué Markovich.

« Mais l’économie est en panne, les rues sont pleines de décharges, et il n’y a aucune sécurité dans les rues de Caracas. Il s’agit de l’héritage de Chavez pour le prochain gouvernement. Aujourd’hui, il y a pas d’argent en raison des dettes à la Chine et à la Russie, et nous craignons que les prochaines semaines soient très difficiles ».

« Malgré tout » a-t-il souligné « nous avons bon espoir. Il n’est pas logique qu’un pays riche de pétrole se positionnerait comme le pays avec le taux d’inflation le plus élevé après celui d’Haïti ».

« Nous espérons, comme après la désintégration de l’URSS, que les fonds seront investis dans des privatisations au Venezuela, mais nous sommes tous conscients du fait que, jusqu’alors, il y aura du chaos et de l’instabilité

 

Source : Ynet

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