Publié le 8 Mar 2013

J’ACCUSE – Les dossiers secrets de l’affaire Dreyfus enfin rendus publics

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Plus d’un siècle après le déclenchement de l’affaire Dreyfus qui déchira la société française pendant douze ans, le blog Big Browser révèle que le service historique de la défense (SHD) entrepris la numérisation du corpus complet des pièces qui composent le dossier secret militaire de l’affaire. Cette opération livre pour la première fois au public et aux chercheurs, l’ensemble des pièces disponibles en accès libre et gratuit, peut-on lire dans Le New York Times dans son édition du jeudi 7 mars.

Le 22 décembre 1894, le capitaine Dreyfus, accusé à tort d’espionnage en faveur de l’Allemagne, est condamné par le premier conseil de guerre de Paris. « En l’absence de preuves, la condamnation fut obtenue grâce à la communication aux juges militaires, à l’insu du prévenu et de l’avocat de la défense, d’une petite série de pièces secrète ; le Dossier secret » notent les auteurs.

La priorité des historiens et des juristes de l’époque avait été de prouver l’innocence du capitaine, n’accordant dans leur enquête qu’un rôle secondaire au contenu exact de l’accusation de 1894.

Comme le note le New York Times, les dossiers contiennent plus de 470 documents, des notes et des documents officiels, témoignages, correspondances, notes volées dans les ambassades étrangères, un rapport de sociabilité et relatent même des liaisons amoureuses entre certains acteurs de l’affaire.

« Le dossier secret de l’affaire Dreyfus n’a jamais été publié dans son intégralité. La mise en ligne sur ce site est donc une première. Véritable fil rouge de ce feuilleton militaro-judiciaire, cet ensemble documentaire a pourtant été le principal objet accusatoire utilisé à l’encontre d’Alfred Dreyfus dans le cadre des procès militaires et civils, publics ou à huis clos », poursuit le SHD en introduction.

Si la composition du dossier secret de 1894 reste mal connue, c’est qu’il ne « demeura pas longtemps dans son état originel. Après sa redécouverte par le lieutenant-colonel Picquart, chef de la section de statistique en 1896, les militaires, décidés à dissimuler leur crime, limogèrent Picquart et nommèrent à sa place le commandant Henry. Celui-ci, avec la complicité du sous-chef d’état-major Arthur Gonse et d’autres hauts gradés, adjoignit au dossier une série de faux, dont l’un, le « faux Henry », citait Dreyfus en toutes lettres. »

En 1897, ce dossier maquillé contenait déjà une quarantaine de pièces. A l’automne 1898, lorsque la révision est enfin lancée, c’est un ensemble de près de 500 documents qui est présenté à la Cour de cassation.

Ce dossier final n’avait plus grand-chose à voir avec celui de 1894, noyé dans un amas de correspondances, de notes administratives, d’expertises en tout genre, et de faux forgés par le service de statistiques.

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