Publié le 10 Mar 2013

Abou Qatada, le prédicateur terroriste palestinien, retour case prison

Par Samuel Guedj – lemondejuif.info

 

Nouveau rebondissement dans la saga judiciaire du prédicateur terroriste Abou Qatada que Londres essaie d’extrader depuis dix ans en Jordanie pour répondre de préparations d’attentats ; la justice britannique ayant ordonné le renvoi en prison de l’Islamiste, près de quatre mois après sa libération controversée en novembre 2012.

qatada

Après avoir examiné en urgence son cas avec ses avocats, le juge présidant la Commission spéciale des recours concernant l’immigration (SIAC) chargée des dossiers sensibles liés à la sécurité nationale a décidé, de nouveau, d’écrouer le prédicateur à la prison de haute sécurité de Belmarsch à Londres.

Arrêté vendredi à son domicile, Qatada, 52 ans, qui vit sous haute surveillance à Londres avec sa femme et plusieurs de ses enfants, est soupçonné d’avoir enfreint les règles strictes de sa libération conditionnelle accordée le 13 novembre dernier. Celles-ci l’obligent notamment à porter un bracelet électronique, à observer un couvre-feu, à ne pas se servir d’Internet et à ne pas communiquer avec certaines personnes.

D’après le juge, le Jordanien n’a pas respecté l’interdiction d’avoir un téléphone portable allumé quand il est à son domicile, ni celle de posséder des équipements informatiques, des CD réinscriptibles ou des clés USB.

Sa déclaration fait suite à des perquisitions menées à son domicile par Scotland Yard, ainsi qu’à plusieurs autres adresses à Londres. Une audition doit se tenir dans 10 jours au cours de laquelle les deux parties pourront présenter l’ensemble de leurs arguments.

Le ministère britannique de l’Intérieur a fait part samedi de sa « satisfaction » après le renvoi de Qatada sous les verrous. « Nous défendrons vigoureusement notre position lors de cette audience du 21 mars » a assuré l’un de ses porte-parole.

La mise en libération conditionnelle à la mi-novembre de Qatada, décrit par Londres comme un « individu dangereux » et un temps considéré comme un relais d’Al-Qaida en Europe, avait suscité un vif émoi au Royaume-Uni.

Multipliant les recours, le prédicateur, connu pour ses virulents prêches anti-occidentaux, a en effet réussi au fil des ans à échapper à toutes les tentatives pour le renvoyer chez lui.

Le Premier ministre David Cameron, lui aussi, n’avait pas caché son agacement l’an dernier lançant : « J’en ai ras-le-bol que cet homme soit toujours en liberté dans notre pays ».

Le gouvernement, toujours déterminé à obtenir son extradition après dix ans de bataille judiciaire improductive, avait prévu de déposer un nouvel appel lundi contre le dernier coup d’arrêt en date à sa tentative d’extradition.

La Jordanie veut rejuger Qatada dans deux affaires liées à la préparation présumée d’attentats qui lui ont valu d’être condamné par contumace dans ce pays à la perpétuité assortie de travaux forcés en 1998, et à 15 ans de prison en 2000. La Jordanie a affirmé à plusieurs reprises avoir « fourni les garanties nécessaires pour assurer à Qatada un procès équitable ». Mais cet automne, la SIAC avait estimé que des témoignages obtenus sous la torture pourraient être utilisés lors de sa comparution dans son pays, empêchant un jugement équitable. Une décision qui avait conduit la justice à bloquer une nouvelle fois son expulsion et à autoriser sa libération conditionnelle.

Arrivé en 1993 au Royaume-Uni et arrêté une première fois en 2002, l’Islamiste, à la longue barbe et à l’imposante stature a depuis passé la majeure partie de son temps en prison sans jamais avoir été inculpé.

Le prédicateur avait déjà bénéficié de mesures de libération conditionnelle dans le passé, mais il avait été réincarcéré peu après.

Parfois surnommé l’ « ambassadeur d’Oussama Ben Laden en Europe », il a été condamné par la cour jordanienne de sûreté de l’État à deux reprises, en 1998 et en 2000, à 15 ans de travaux forcés, pour « financement d’un groupe interdit » et « liens avec Al-Qaïda », ainsi que pour la « préparation d’attentats visant des objectifs américains et juifs et des visiteurs chrétiens en Terre sainte lors du Jubilé 2000 ».

 

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