Publié le 3 Fév 2013

Sophie Solomon, ou le bel avenir du violon Klezmer.

La musique révèle encore des trésors insoupçonnés, un violon Klezmer inouï nous a réveillés de notre torpeur. Celui de l’incroyable Sophie Solomon …

SOLOMON

Comment un violon Klezmer peut-il nous faire autant d’effet et comment décrire un style si novateur ? Si l’on disait que son jeu exceptionnel nous fait dire à chaque fois : « si par un hasard des plus improbables, le grand Jimmy Hendrix s’était mis au violon plutôt qu’à la guitare électrique (dont il est devenu le maître incontesté), il aurait probablement joué comme Sophie Solomon ». Dans son premier album solo : Poison Sweet Madeira, la musique est intense, « Quand je joue, le violon est comme une extension de mon corps..C’est comme si un esprit prenait le dessus ». Cette affirmation rejoint la définition même de l’artiste véritable : celui qui offre aux autres l’instrument d’une expression. Qui fait de son instrument de musique le porte parole de son intimité la plus profonde. Un maître hassidique disait que la musique était « la plume de l’âme ».

Mais ce qui nous plait tant chez la violoniste est son caractère iconoclaste, elle n’obéit pas aux conventions ni aux étiquettes. Une vraie rebelle de l’art musical. Qu’est-il vraiment de cet album ? Un disque classique, aux influences russes, d’Europe Centrale, Afrique du Nord, tzigane, tango ou Klezmer ? On en a la tête qui tourne, qui chavire de bonheur et la musique parle alors pour elle-même.

Seule compte la virtuosité magique d’une artiste qui a appris son instrument dès l’âge de deux ans ! A quatre ans, elle rencontre deux maître absolus : d’abord l’immense violoniste et chef d’orchestre américain Yéhoudi Menuhin, puis le non moins génial violoncelliste, pianiste et chef d’orchestre Léopoldovitch Rostropovitch. Elle ne commence l’apprentissage véritable qu’à sept ans, se contentant jusque là de jouer à … l’oreille !

Pour cette jeune femme anglaise de 24 ans, dont les grands parents étaient des immigrants juifs de Pologne et de Lituanie, le violon est une affaire toute personnelle et il ne saurait être question de s’enfermer dans des règles musicales trop strictes. Elle fonde d’ailleurs le groupe Oï Va Voï (« l’un des groupes les plus excitants du moment », selon le Daily Telegraph) pour cette même raison : utiliser un savoir technique développé, mais au profit d’une réinvention et d’une liberté plus grandes. « Avec ce groupe, je suis revenu au violon avec mes propres mots. C’était libératoire car j’avais la technique mais je sentais enfin la possibilité de m’affranchir des contraintes du violon classique. J’étais frustrée par une musique déjà écrite selon les codes précis du répertoire. J’ai longtemps ressenti cette envie de dépasser cela et d’écouter ma voix propre ». Ce que ne manque pas de faire cette bouillonnante musicienne qui, en écoutant sa propre voix, trouvera sa voie personnelle. Un critique la comparera même au fantasque guitariste des Rolling Stones, Keith Richards !

Le succès ne tarde pas. Un premier et magnifique album avec son fidèle groupe : Laughter Through Tears est ainsi salué comme l’un des dix meilleurs albums de l’année 2004 par l’avisé New York Times. Il remporte également deux nominations au troisième Concours annuel consacré aux musiques du monde, organisé par la radio britannique BBC.

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