Publié le 3 Fév 2013

Décès d’Ed Koch, l’ancien maire de New York : une grande perte pour les États-Unis et Israël.

Ed Koch, l’ancien grand maire de New York est décédé, ce vendredi 1er février, à l’âge de 88 ans. C’est une grande perte pour les Etats-Unis et en particulier pour la ville de New York, mais aussi, pour la communauté juive américaine et Israël.

koch39

Ed Koch était l’incarnation même de New York et de sa communauté juive. Il était fier d’être un New-Yorkais et il était fier d’être un Juif.

Sur sa pierre tombale il a demandé, non seulement que le Shéma Yisrael y soit gravé mais aussi, les derniers mots de Daniel Pearl, le journaliste juif américain enlevé et décapité par Al Qaïda au Pakistan en 2002 : « mon père est juif. Ma mère est juive. Je suis juif ».

Terrible signe du destin, Ed Koch est mort, tout comme Daniel Pearl, un 1er février.

Ed Koch a toujours été un très grand soutien à l’Etat d’Israël et n’a jamais mâché ses mots pour défendre l’Etat Juif comme, par exemple, lorsque le Président Obama appelant Israël à revenir aux « frontières de 1967 », il n’avait pas hésité à dire : « J’aime bien le Président Obama… j’ai aidé à le faire élire. Mais il a jeté Israël sous un bus ».

En Janvier 2010, dans une remarquable tribune, « Un silence dangereux », il déplorait l’inertie de la politique américaine vis-à-vis de l’Iran :

« Je me désole de constater les scandaleuses attaques verbales contre Israël. Ces attaques verbales et ces distorsions de la vérité sont d’autant plus insupportables qu’elles sont orchestrées par le Président Obama.

La situation actuelle me fait penser à l’année 70 avant notre ère. L’empereur romain Vespasien lançait une campagne militaire contre la Nation Juive et sa capitale d’alors, Jérusalem. En fin de compte, Massada, un plateau rocheux du désert de Judée devint le dernier refuge du peuple juif face aux avancées romaines. Je suis allé à Jérusalem et à Massada. Du haut de Massada, on peut encore observer les restes des fortifications et des garnisons romaines ainsi que les pierres et la terre de la rampe construite par les assiégeants pour atteindre la place forte. Les Juifs de Massada préférèrent le suicide à la captivité sous le joug romain.

A Rome, j’ai vu l’arche de Titus avec la sculpture montrant les Juifs asservis et les trésors du Temple de Salomon ainsi que la Menorah, symbole de l’Etat Juif, qui avait été emportés comme butin durant la mise à sac de Jérusalem.

Oh ! Direz-vous peut-être, « cette analogie est vraiment tirée par les cheveux ». S’il vous plait, laissez- moi terminer.

La plus récente mise à sac de la vieille cité de Jérusalem, le quartier juif, a été conduite par la Jordanie en 1948, au cours de la première guerre entre Juifs et Arabes, avec au moins cinq Etats musulmans, Egypte, Jordanie, Liban, Syrie et Irak, bien décidés à détruire l’Etat Juif. La Jordanie occupa alors Jérusalem Est et la rive Ouest et expulsa tous les Juifs vivant dans le quartier juif de la vieille ville, détruisant chaque bâtiment, y compris les synagogues du vieux quartier. Les Juifs de Judée et de Samarie furent tous expulsés. Ainsi, pour la première fois depuis des milliers d’années, la vieille ville murée et la rive ouest adjacente étaient « Judenrein », un terme utilisé par les nazis pour indiquer la déportation ou l’assassinat de tous les Juifs.

Les Juifs ont vécu pendant des siècles à Hébron, la ville où Abraham, le premier juif, a planté sa tente et où il est aujourd’hui enterré, croit-on, dans une tombe, avec son épouse Sarah, et d’autres anciens patriarches et matriarches juifs.

J’ai visité cette tombe qui était gardée par un soldat israélien pour que tout pèlerin, chrétien ou musulman puisse la visiter. Je demandais à ce soldat « Où se trouve la septième marche ?». Cette marche conduisait à la tombe d’Abraham et de Sarah mais elle marquait la limite accessible aux Juifs lorsque les lieux étaient contrôlés par les Musulmans.  Le soldat me répondit : « En 1967, lorsque la ville de Jérusalem fut réunifiée et la rive ouest conquise, les marches furent supprimées. A présent, chacun peut entrer », c’est ce que je fis. Lorsque les Musulmans gardaient la tombe, son accès était interdit aux Juifs.

Je ne suis pas pratiquant. Je me sens bien à la synagogue mais en général, je n’y vais que deux fois par an pour les grandes fêtes. En entrant dans le caveau de Patriarches d’Abraham et de Sarah, je me souviens avoir eu la sensation de reprendre contact avec mon passé et les traditions de mon peuple. On est Juif par sa naissance et par sa religion. Ceux qui s’éloignent de la religion demeurent Juifs pour toujours en raison de leur naissance. S’ils ne le croient pas, ils n’ont qu’à demander à leurs voisins qui le leur rappelleront. Je me souviens des mots d’un journaliste, Kim Novak, qui avait été pendant l’essentiel de sa vie hostile à l’Etat d’Israël. Au cours d’une interview, il affirma : « bien que converti au catholicisme, je suis encore un juif culturel ». Je reste Juif par religion et par culture, et j’en suis fier.

Mon soutien à l’Etat juif est ancien et déterminé. Jamais je n’ai envisagé de quitter les Etats-Unis pour aller vivre en Israël. Ma loyauté et mon amour se portent d’abord vers les E.U. qui m’ont tant donné à moi, le fils d’immigrants polonais juifs. Mais je suis conscient, depuis longtemps, lorsque je m’endors dans la paix et la sécurité, qu’il y a dans le monde des communautés juives en danger mais qu’il existe un pays, Israël, qui peut leur offrir un sanctuaire et qui est susceptible d’envoyer des troupes combattre et les délivrer du mal comme à Entebbe en 1976.

Aujourd’hui je me désole car, sur l’initiative de mon président, Barak Obama, les relations entre les E.U. et Israël, proches alliés, se sont transformées en défiance mutuelle, et ceci en quelques semaines. Le contraste entre le traitement d’Israël par le Président et son gouvernement et la manière de traiter le gouvernement Karzai d’Afghanistan est frappant.

Le gouvernement Karzai, qui dirige un Etat corrompu et producteur d’opium, qui refuse de remédier à la corruption (beaucoup croient que le propre frère du président dirige le trafic de drogue existant en Afghanistan) et qui fait preuve d’un mépris extrême pour les E.U. est accueilli par l’administration Obama comme un allié et traité publiquement avec dignité. Karzai a même menacé récemment de rejoindre les Talibans si nous ne cessions de lui adresser des revendications. Il n’empêche que Karzai a reçu d’Obama une gracieuse lettre de remerciements pour exprimer sa gratitude au dirigeant afghan qui l’a invité à diner. « C’était une lettre respectueuse » a dit le Général Jones.

D’autre part, notre allié le plus proche, celui avec qui nous entretenons une relation privilégiée, a été abaissé et diffamé, tenu responsable de nos déboires en Afghanistan, en Irak et partout ailleurs au Moyen Orient. Je suppose que l’objectif est d’affaiblir la détermination de l’Etat Juif et de ses dirigeants au point où il serait possible d’imposer à Israël un plan américain pour mettre fin au conflit israélo palestinien, abandonnant le besoin de sécurité et de frontières défendables pour Israël.

Je crois que la politique du Président Obama est de créer des relations complètement nouvelles avec les états arabes d’Arabie Saoudite, de Jordanie, d’Egypte et d’Irak pour contrer l’Iran : Le « Tyrannosaurus Rex » du monde musulman que nous sommes prêts à considérer comme une puissance nucléaire. Si jeter Israël sous le bus est nécessaire à l’accomplissement de cette alliance, ainsi soit-il.

Je suis choqué par le manque d’indignation parmi les plus ardents supporters d’Israël. Les membres de l’AIPAC, la principale organisation de lobby pro-israélien à Washington ont acclamé debout la secrétaire d’état Hillary Clinton après qu’elle eut exécuté les instructions du président Obama et agressé verbalement au cours d’un entretien téléphonique pendant 43 minutes, le premier ministre Benjamin Netanyahou.

Pages: 1 2

Recherche

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer