Publié le 12 Fév 2013

Le futur pape, les Juifs et Israël.

Par Yohann Taïeb – lemondejuif.info

 

ISRAEL-VATICANLa démission du pape Benoit XVI, effective officiellement au 28 février prochain, a provoqué la stupéfaction de l’Eglise, des croyants et des médias. Pourtant Benoit XVI, en 2010, dans son ouvrage intitulé « Lumière du monde : le pape, l’Eglise et les signes du temps » avait évoqué à demi-mot une possible démission :

« Oui, si un pape se rend compte clairement qu’il n’est plus capable physiquement, psychologiquement ou spirituellement d’accomplir les tâches de sa fonction, il a le droit et, selon certaines circonstances, l’obligation de démissionner… On peut démissionner quand la période est calme ou lorsqu’on ne peut tout simplement plus continuer ».

Pour justifier sa démission, Benoit XVI a déclaré «Mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer de façon adéquate le ministère», conformément à ce qu’il écrivait dans son dernier ouvrage.

Le droit canonique contient une clause sur la démission du pape mais elle n’a jamais été activée. Cette clause stipule que le pape peut démissionner mais qu’il doit le faire de son plein gré et que cette démission n’a pas à être validée par quiconque. D’autres papes ont envisagé de renoncer à leurs fonctions mais on ne l’a su qu’après leur mort.

Le dernier pape démissionné est Célestin V, en 1294, après seulement huit mois de pontificat. Grégoire XII a abdiqué bien malgré lui en 1415 pour mettre un terme à une querelle avec un rival revendiquant lui aussi le Saint-Siège.

Bien que toute forme de spéculation soit un blasphème pour l’Eglise, la démission du Pape Benoit XVI pose la question légitime de sa succession. Une succession dont il va assurément peser de toute son influence sur les grands électeurs, des évêques âgés de plus de 80 ans, pour maintenir une ligne conservatrice sur le trône de Saint-Pierre.

Quatre critères vont dès lors compter pour cette succession historique : les liens de proximité avec Benoit XVI, la contribution au rayonnement de l’Eglise, l’âge et l’état de santé du futur pape.

Parmi ces « Princes de l’Eglise » appelés à prendre la relève, lemondejuif.info se propose de vous présenter certains candidats pressentis favoris et leurs positions tranchées sur Israël et leurs liens avec le judaïsme.

Depuis 1978, l’idée de voir un pape noir (le quatrième pape africain) refait régulièrement surface à chaque nouveau conclave. Alors que le nombre de Catholiques en Europe, bastion traditionnel de l’église, a chuté ces dernières années, en Afrique, l’Eglise catholique continue de croître ; quelques 176 millions de personnes sont catholiques, environ un tiers de tous les Chrétiens à travers le continent, selon une étude réalisée en décembre 2011 par le PFRPL (Pew Forum on Religion and Public Life).

Benoît XVI a pour sa part déclaré avant l’élection et tout au long de son pontificat que la possibilité d’un pape africain serait un signe positif pour toute la chrétienté.

Deux cardinaux africains, tous deux proches de Benoit XVI sont susceptibles de prendre la relève : le cardinal Francis Arinze et le cardinal Peter Turkson.

 

ARINZELe cardinal nigérian, Francis Arinze, 81 ans, est créé cardinal diacre de San Giovanni della Pigna par le pape Jean-Paul II lors du consistoire du 25 mai 1985. Il est ensuite élevé au rang de cardinal-prêtre le 29 janvier 1996, puis de cardinal-évêque de Velletri-Segni le 25 avril 2005, titre porté par Joseph Ratzinger avant son élection sur le siège pontifical. Il s’est notamment illustré vis-à-vis du judaïsme pour son dévouement à la commission pontificale pour les relations avec les Juifs, et à ce titre, il reçoit un prix du Comité international de liaison catholique-juif.

On lui doit également une lettre épiscopale importante, en date de 2008, sur l’usage du Nom de Dieu (YHWH) dans le culte liturgique catholique romain. Réagissant à la «nouvelle pratique» de prononcer le Nom (qui est une interdiction formelle dans le judaïsme), Francis Arinze rappelle qu’il doit plutôt être traduit dans chaque langue, comme l’ont fait autrefois les traductions grecque (la Septante) et latine (la Vulgate). Bien que cette directive ne soit pas adressée directement aux Juifs, elle peut être comprise comme un signe de respect envers eux.

TURKSONLe cardinal ghanéen, Peter Turkson, 65 ans, est lui aussi créé cardinal par Jean-Paul II lors du consistoire du 21 octobre 2003 avec le titre de cardinal-prêtre de San Liborio. Il fait partie également de la commission pontificale pour les relations avec les Juifs.

 

 

 

 

 

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