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Publié le 8 Fév 2013

La précieuse « Haggadah de Sarajevo » privée d’expo.

Par Déborah Partouche © lemondejuif.info

Ce mercredi, les responsables des monuments nationaux de Bosnie ont déclaré qu’ils rejettent l’offre du Metropolitan Museum of Art de New York d’exposer une des reliques des plus précieuses de la Bosnie, un manuscrit juif de 600 ans, qui se trouve dans un musée fermé depuis octobre 2012 par manque d’argent.

Sarajevo_Haggadah

Ljiljana Sevo, de la Commission de préservation des Monuments nationaux de Bosnie a déclaré que la Haggadah de Sarajevo « ne peut pas être prêtée en raison du statut non résolu du Musée National de Bosnie ». Le rejet met la pression sur le gouvernement bosniaque pour sauver le Musée.

Le transfert à haut risque du précieux manuscrit à New York exige des précautions spéciales tant au niveau des préparatifs que du voyage. La responsable a précisé que des experts ont toutes les qualifications requises pour se faire, mais qu’il n’y a aucun budget qui le permet.

Le Musée National et six autres établissements, gardiens du patrimoine national de la Bosnie ayant pour mission de préserver les précieux manuscrits médiévaux, les reliques religieuses et autres antiquités sont victimes de l’accord de paix de 1995 mettant fin à la guerre de Bosnie.

Depuis la fin de la guerre des Balkans, le  gouvernement central bosniaque actuel est guidé par une constitution qui n’envisage pas un ministère de la culture, laissant les sept institutions culturelles sans tuteur et sans financement. Pendant des années, le Musée a donc survécu essentiellement de dons privés.

Le personnel du Musée a travaillé pendant une année entière sans être payé avant de perdre tout espoir en octobre dernier. Depuis, aucune solution n’a été trouvé pour sortir le patrimoine bosniaque de cette impasse.

L’inestimable manuscrit juif remonte à la communauté juive d’Espagne, autrefois prospère, et raconte les événements allant de la création du monde à l’exode d’Egypte des Hébreux jusqu’à la mort de Moïse.

La « Haggadah de Sarajevo » serait à l’origine, selon les historiens, un cadeau de mariage d’un jeune couple juif de Barcelone, en Espagne, au XIVème siècle.

En 1492, quand l’Espagne expulse les Juifs du pays, un réfugié apporte le livre en Italie. Plus tard, un rabbin rapporte la Haggadah d’Italie en Bosnie, puis, un de ses descendants, Joseph Kohen, la vend au Musée National en 1894.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le précieux manuscrit juif aurait été caché dans la Grande Mosquée de Sarajevo. Une fois les nazis chassés ou pendus, la Haggadah refait surface pour rejoindre le musée national.

Au début du siège de Sarajevo, en 1992, lorsque les forces serbes bombardent la bibliothèque nationale, mais aussi la bibliothèque Gazi Husney-Bey fondée en 1537, et endommagent le musée national, des trésors innombrables sont à jamais perdus mais certains, sauvés. C’est le cas de la Haggadah. Elle passe cette guerre dans le coffre d’une banque. En 2002, la paix revenue, le musée national l’accueille dans un écrin de verre.

En novembre 2012, Le Metropolitan de New York propose d’accueillir la relique pendant trois ans, mais la Commission nationale de Bosnie pour la préservation des Monuments nationaux, la seule institution qui peut approuver un tel voyage, conditionne le prêt à New York au règlement du statut juridique du Musée de Sarajevo.

Mais la vraie raison, est peut-être ailleurs, les Juifs de Sarajevo ont bien adressé au Comité qui gère le Musée National, une demande pour envoyer le manuscrit à New York, mais le directeur de l’institution, Adnan Busuladzic, refuse cette possibilité par peur que la « Haggadah reste aux États Unies, pour toujours ».

 

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