Publié le 13 Jan 2013

«Le But », la Bible israélienne du business.

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Vous êtes nuls en affaires ? «Le But », un manuel d’affaires écrit comme un roman par Eliyahu Goldratt, le gourou israélien du business managérial, est fait pour vous. Vendu à plus de 5 millions d’exemplaires dans le monde, récemment choisi par le Times Magazine comme l’un des 25 livres de gestion d’entreprise les plus influents jamais écrits, il est devenu un livre référence pour la plupart des grandes écoles de commerce internationale.

Savez- vous que n’importe quelle organisation est tout aussi forte que son maillon le plus faible ? Vous ne comprenez pas ? C’est normal. C’est le principe d’organisation de la « théorie des contraintes », le cadre philosophique de Goldratt, qu’il met ingénieusement en scène dans ce livre.

Le héros du roman, Alex Rogo, est un directeur las de son usine, au bord de la faillite, d’une petite ville fictive. Son mariage chancelle. Son supérieur est un vieux crouton, très lourd, son nom, M. Peach.

Heureusement pour Alex, il y a Jonah, son ancien professeur d’université, un professeur fumant le cigare, portant kippa, physicien israélien. Lors d’une rencontre fortuite dans un hall d’aéroport s’ouvre entre les deux protagonistes, un échange digne de Socrate sur des questions pointues en économie.

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Les enseignements du professeur entrent dans un monde d’initié. Comme chaque gourou, le professeur pense et s’exprime souvent de façon gnostique, posant à son étudiant des questions énigmatiques et l’envoyant dans des spirales d’auto-supposition tourmentée. Mais l’affaire n’est pas simple et pour chaque bonne réponse, il se lance dans des : « donc ceci est le but : faire de l’argent en augmentant le bénéfice net, en augmentant simultanément le retour sur l’investissement et la marge brute d’autofinancement simultanément croissante ». D’autres termes du monde des affaires abondent avec une prose technique.

Alex met en œuvre les méthodes de Jonah, sauve l’usine et donne au lecteur une leçon dans ce qui peut être une sorte d’évangile pour tout nouveau aspirant à un MBA(Masters en administration des entreprises), mais, pour le non initié, ce n’est pas tout à fait évident d’avoir la foi…

Alex nous explique que dans l’entreprise, il y a trois acteurs, chacun ayant leur propre vision du but de l’entreprise : pour les actionnaires, ce sera « Gagner de l’argent maintenant et à l’avenir », pour les salariés, « Procurer un cadre de travail satisfaisant et sécurisant pour nos salariés, maintenant et à l’avenir » et pour les clients, le but de l’entreprise sera « Satisfaire le marché, maintenant et à l’avenir ». Ce qui fait bien trois buts à l’entreprise, chacun de ces buts étant poursuivi par un des acteurs…

Mais ce serait désobligeant et borné de restreindre « le But » à une simple vision économique des choses. Son sens profond est extra-littéraire et il se trouve avec la compréhension aiguë de son auteur que des processus évidents ne sont pas évidents du tout, que des maillons faibles ne sont pas forcément faibles et qu’aucun lien n’est jamais plus faible que l’esprit humain. Quand Alex commence à mettre en œuvre les suggestions de Jonah, la productivité de l’usine commence à monter en flèche et d’autres problèmes aussi, en particulier ceux avec les syndicats des ouvriers sur la réorganisation du travail. Le contremaître déteste le fait que certaines de ses machines soient inoccupées. Personne ne voit l’image plus grande. Personne, en somme, à part Jonah.

Dans le monde du travail nous avons tous besoin d’un Jonah, de quelqu’un qui peut du jour au lendemain, avec une dose de bon sens, changer positivement le cours des choses dans une entreprise. Et ce n’est pas une coïncidence, non plus, que Jonah soit Israélien. Il est un homme d’action, un mec droit, un penseur formé à la maximisation des ressources et insistant sur l’efficacité.

En ceci se trouve l’essence du livre : l’histoire d’Alex et de Jonah se lit comme ce qui pourrait être arrivé si Goliath, plutôt que de défier David à un duel, avait embauché le petit garçon roux comme un consultant. Quelque part, l’Amérique des affaires n’est pas sans nous rappeler ce monstre biblique dont on voit aujourd’hui les points faibles, et Israël, ce si petit pays au fort potentiel, qui contribue sans cesse au fort développement technologique américain.

Le But est alors aussi un étonnant parallèle sur les affinités culturelles complexes entre Israéliens et Américains. Il peut presque être lu comme une fable : les Américains sont prospères et grands, mais freinés par un système qui est trop grand pour réaliser ses propres lignes de faille alors que les Israéliens sont petits et agiles, mais doivent obligatoirement et constamment se réinventer et être toujours à la recherche de l’erreur fatale suivante. Vous n’avez pas besoin d’un gourou pour savoir que, lorsque ces deux cultures complexes se rencontrent, le résultat ne peut être que pleinement fructueux, et, c’est bien le But recherché non ?

Le But, l’excellence en production d’Eliyahu M. Goldratt – Edition AFNOR

 

Arié Azoulay – © Le Monde Juif .info

© photos : DR

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