Publié le 31 Jan 2013

Classement mondial 2013 de la liberté de la presse : les incohérences de Reporters Sans Frontières sur Israël.

Pour avoir « délibérément ciblé des journalistes » pendant l’opération de Gaza, Reporters Sans Frontières place Israël à la 112éme place de son classement mondial 2013 de la liberté de la presse sur un total de 179 pays, classant l’Etat hébreu en dessous de pays peu connus pour avoir une presse totalement indépendante comme le Qatar, le Koweit ou l’Ouganda.

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Avec une perte de 20 places, Israël est classé comme l’un des pays qui a le plus chuté en 2012.

Un classement établi à partir d’un questionnaire de 85 questions rempli par 150 correspondants de RSF répartis sur les cinq continents et leurs dix bureaux à l’international.

Pourtant, sur ces 85 questions sur l’état de la liberté de la presse, Israël est en conformité avec les standards internationaux d’une véritable presse libre et indépendante (pluralisme, indépendance des médias, autocensure, cadre légal, transparence et infrastructures) voir même au-dessus de ces standards. Pour preuve, RSF reconnaît que les journalistes qui couvrent les évènements en Israël bénéficient d’une véritable liberté de ton malgré l’existence de la « censure militaire ».

RSF utilise sciemment le terme de « censure militaire », renvoyant ainsi notre inconscient collectif à de véritables censures militaires, telles que celles exercées dans des états dictatoriaux ou dans des juntes militaires.

Or, l’interdiction de publier ou d’informer en Israël relève d’une interdiction judiciaire fondée sur une législation d’urgence des autorités britanniques transférée dans le droit israélien. Elle est le fruit d’un accord entre le comité des éditeurs des journaux hébraïques et l’armée, étendu par la suite au reste des médias. Un système d’appel, le « comité des trois », représentant les éditeurs, la justice et l’armée, n’a cessé de réduire le périmètre de l’interdiction de publier ou d’informer et, en derniers recours, faisant même appel devant la Cour Suprême. En 1953, la Cour commence par rappeler que ces interdictions s’exercent dans le cadre d’un régime démocratique. En 1989, elle réaffirme un critère interprété de façon de plus en plus restrictif pour justifier ces interdictions : seule peut être contrôlée une information pouvant causer avec une «quasi certitude » de « graves dommages » à la sécurité nationale.

Dans son rapport, RSF blâme essentiellement Israël « en raison des exactions commises par l’armée israélienne dans les territoires palestiniens, désormais intégrés dans le calcul, au lieu de faire l’objet d’une catégorie répertoriée, mais séparée. ».

Plus précisément, RSF, fait référence ici à la mort de trois journalistes palestiniens, le 20 novembre 2012, au septième jour de l’opération « Pilier de Défense » dans la bande de Gaza.

L’armée israélienne visait, ce jour-là, un centre d’opérations du renseignement du Hamas, délibérément situé dans un bâtiment des médias. L’aviation militaire israélienne visait Ramez Harb, un responsable de la communication de Saraya Al-Qods, la composante militaire du Jihad islamique, mais cette opération a suscité un tollé international.

Une opération qui, dès le lendemain, avait été condamnée par RSF : « Reporters sans frontières condamne fermement ces tirs délibérés de l’armée israélienne contre des professionnels de l’information de médias affiliés ou proches du Hamas, ainsi que les déclarations du porte-parole du gouvernement israélien. L’organisation rappelle que les journalistes disposent, selon le droit humanitaire, des mêmes protections que les civils et ne sauraient être considérés comme des objectifs militaires. ».

Cette déclaration est une violation flagrante de l’article 79 du Protocole I additionnel aux Conventions de Genève :

Article 79 : « Dans tous les conflits armés, le Droit International Humanitaire interdit explicitement les actes suivants à l’encontre des personnes ne prenant pas ou plus activement aux hostilités : les atteintes portées à la vie et à l’intégrité corporelle, notamment le meurtre sous toutes ses formes, les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices; les condamnations prononcées et les exécutions effectuées sans un jugement préalable, rendu par un tribunal régulièrement constitué, assorti des garanties judiciaires reconnues comme indispensables par les peuples civilisés. Voir Conventions de Genève, article 3 commun. ».

Cependant, RSF considère que des responsables de la propagande et de la communication d’une organisation terroriste prenant part activement au conflit sont des journalistes à part entière et qu’à ce titre, ils bénéficient selon le droit humanitaire des mêmes protections que les civils et ne sauraient être considérés comme des objectifs militaires.

Alors que l’armée israélienne a respecté du mieux que possible les lois des conflits armés, et ce, en dépit des violations délibérées et l’abus de ces lois par des terroristes de la bande de Gaza, RSF n’a, à aucun moment, blâmé le Hamas pour avoir installé non seulement ses quartiers généraux mais aussi ses armes dans les bâtiments des journalistes internationaux, les prenant avec ou sans leurs consentements, comme des boucliers humains, ce qui constitue clairement un crime de guerre.

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