Publié le 19 Mar 2017

A Tel-Aviv, Gérard Depardieu: « J’aime beaucoup Israël, les Français qui font leur alya, je les envie ! »

Gérard Depardieu est en Israël pour deux représentations théâtrales exclusives de « La Musica deuxième » de Marguerite Duras, au côté de Fanny Ardant. La pièce, écrite en 1965, raconte l’histoire d’un couple qui se retrouve, le jour de leur divorce officiel, le temps de toute une nuit, dans la ville où ils ont vécu et se sont aimés.

Rencontre avec un géant du cinéma et du théâtre : Gérard Depardieu.

Gérard bonsoir ! Pourriez-vous nous parler de  « la Musica deuxième »  et de votre rôle dans cette pièce ?

Gérard Depardieu : « La Musica deuxième«  est l’histoire d’un amour perdu enseveli sous le poids de l’incompréhension mutuelle entre un homme et une femme.  Vous savez, l’homme et la femme sont dans le même train mais sur deux rails totalement différents, il y a le rail de l’homme et le rail de la femme. Pour Marguerite Duras,  il est évident, lorsqu’on voit tous ces hommes dans ses romans comme dans  India Song par exemple, errer,  et la femme est à côte, oubliée, ils ne sont pas du tout les mêmes, l’homme passe à côté de tout, sauf dans La Musica où il essaie de retrouver un amour, de comprendre. Le désir est exprimé par la femme, la parole de la femme est libre, et l’homme n’est que le point sur le i du mot désir. Dans les années 60, penser, écrire que la femme peut tout faire, tout dire, exprimer son désir, c’était nouveau, maintenant oui, c’est possible mais avant, en 60, non , c’est très fort, de toute façon, Marguerite a toujours raison ! Vous savez par exemple, en Russie, à Riga, où j’ai joué cette pièce, il y a eu un gros silence, ils n’avaient pas l’habitude de ces choses ; dans les pièces de théâtre, l’homme se répand,  et  la femme n’a pas trop la parole, et là, la femme prend la parole et l’homme est torturé.

Alors justement, la Russie, dites-nous ?

Gérard Depardieu : je m’y sens très à l’aise et je vais retourner en Russie pour montrer dans toutes les télévisions du monde entier, que les Russes ne sont pas des hooligans. La presse étrangère est très vulgaire en ce qui concerne la Russie alors qu’ils n’y sont jamais allés. Ils disent des choses qui ne sont pas vraies, ça a toujours été comme ça, on ne va pas refaire le monde. En tout cas, moi,  j’ai un vrai cœur pour la Russie et pour les Russes. Et je ne vais pas qu’à Saint-Pétersbourg ou à Moscou. Nous avons joué « La Musica » dans des petites villes en Russie, nous avons été en Sibérie, on connaît les petits villages. Je ne suis pas un mondain en Russie, je ne fréquente pas la société mondaine ou les journalistes, ou les Français là-bas.  Les Français à l’étranger, je ne les aime pas, lorsque tu vis à l’étranger, ils racontent des choses que je ne vois pas comme eux, attention, je ne dis pas que les Français sont des abrutis, j’aime la culture française, mais lorsqu’ils sont à l’étranger, ils se regroupent entre eux, c’est clos, fermé.

Que pensez-vous d’Israël ?

Gérard Depardieu : J’aime beaucoup Israël, la compagnie aérienne qui m’a amené, j’aime  moins, je préfère El Al, parce que c’est mieux, de toute façon, en général,  je préfère voyager avec la compagnie du pays. A Tel-Aviv, la plage est sublime, Yaffo, magnifique, et aussi Jérusalem, c’est vrai, on a un choc, c’est très fort Jérusalem,  mais, ce que j’aime particulièrement, c’est Tel-Aviv. Ici, il y a une certaine qualité de vie. Beaucoup de Français, d’ailleurs,  font leur alya,  je les envie ! Ils ont un endroit où ils peuvent retrouver leur culture, leur religion. Là, je travaille sur le Talmud de Jérusalem, ça m’intéresse vraiment, le questionnement, ce savoir et  tout ce que ça engendre. Je vais d’ailleurs réaliser une série sur toutes les fêtes religieuses hébraïques en Israël, d’Avraham jusqu’à nos jours, des petits choses, pas plus que 13 mn chacune, ça  m’intéresse vraiment, tout m’intéresse vraiment ! J’aime l’Histoire,  j’aime la vie !

Propos recueillis par Maryline Medioni – © Le Monde Juif .info | Photo : DR

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